Oui, nous faisons du lobby

Non, le lobby n'est pas honteuxQuand vous arrivez à une soirée mondaine (ou pas) et que vous informez votre interlocuteur (toujours très avide de savoir « à qui il a affaire ») que vous faites du lobby, il n’est pas rare qu’il tourne les talons, genre « infréquentable »…

Allez, osons le dire, ce ne sont pas les clichés qui manquent autour du mot « lobby ». On imagine un homme portant une mallette remplie de billets, une femme digne d’un James Bond, une sorte de Machiavel qui fera tout pour contrer Julia Roberts dans Erin Brockovich.

Et pourtant, ce peut être tout autre chose.
Nous n’avons pas honte de dire que nous faisons du lobby à l’UCM et pour une noble cause : la défense des indépendants et des chefs de PME francophones. Vous. Pourquoi est-ce noble ? Parce que vous avez des idées de développement, que vous y croyez, que vous prenez des risques pour les concrétiser, que vous créez de la valeur ajoutée, des emplois et, in fine les moyens nécessaires à la solidarité.

Pourquoi est-ce nécessaire de vous défendre ? Parce que la création et la croissance des entreprises  ne peuvent se faire que si les conditions légales et réglementaires sont favorables (pression fiscale, charges administratives, cotisations patronales…). Il faut donc amener les responsables politiques à créer le cadre qui correspond au mieux à vos attentes.

Comment faire ?

On pourrait aller taper du poing sur la table des ministres en charge des compétences liées à l’économie. Pas certain que ce genre d’attitude soit efficace. On pourrait manifester dans les rues. Pas certain que les indépendants et chefs d’entreprise aient du temps à consacrer à des manifestations. Les chefs d’entreprise pourraient faire grève. Pas certain que… Passons…

Il faut avoir l’info

La première étape pour vous défendre : avoir l’information. Avoir l’information, d’une part, de vos besoins et d’autre part, du tempo politique (priorités, timing, volonté…). Pour connaître vos besoins, nous procédons de différentes manières. Nous menons des études, des enquêtes, des workshops pour vous interroger et déterminer vos besoins.

Ensuite, nous devons connaître l’agenda politique (momentum, priorités, budgets disponibles, projets dans les cartons qui pourraient être négatifs pour les entrepreneurs). C’est parfois plus délicat. Nous devons arpenter les couloirs des cabinets ministériels, vérifier les propositions parlementaires, prendre connaissance des ordres du jour des gouvernements, …

Il faut convaincre

Convaincre. C’est certainement le côté de plus passionnant du job. Pour convaincre, il faut des arguments. Nous partons toujours de vos besoins, qui sont objectivés, par le biais des enquêtes et des contacts que nous avons avec vous. Nous rappelons votre poids dans le PIB, dans la création d’emploi et ce, afin de démontrer l’importance de répondre à vos besoins.

Pour convaincre, il faut avoir le bon interlocuteur. Savoir qui va décider : un conseiller, un parlementaire, le ministre lui-même. Ensuite, il faut utiliser les véhicules adéquats (une voiture qui roule sur du velours, un 4X4 tout terrain car le chemin sera escarpé, un bus 2 étages car il va falloir s’unir pour convaincre).

Notre présence au sein de divers organes consultatifs est essentielle car les avis qui y sont remis le sont par les partenaires syndicaux et patronaux.  Arriver à des avis consensuels permet de démontrer la nécessité de combler vos besoins, puisqu’ils sont également reconnus par les syndicats.

Les médias sont un espace d’expression qui permet de relayer, à grande échelle, vos préoccupations. C’est un canal indispensable. Tout comme les réseaux sociaux. Les ministres, car ils sont  les chefs d’orchestre de l’agenda politique. Leurs conseillers, car ils sont des relais indéniables : ils étudient les dossiers, proposent des positions à leur ministre, rédigent des avant-projets de loi. Les parlementaires (qu’ils soient de la majorité ou de l’opposition) car ils posent des questions, peuvent amener des amendements.

Il faut concrétiser

Tous ces processus prennent du temps. Une fois que la conviction est née, il faut ensuite qu’elle se concrétise. Tout d’abord en déclaration d’intention, en décision politique. Ensuite, en texte réglementaire. En ce qui nous concerne, ça veut dire prendre connaissance des projets de texte, vérifier si les intentions se traduisent bien dans les textes. Si aucun problème technique et/ou politique n’est venu s’inviter aux discussions. Pousser sur l’accélérateur pour que les mesures soient prises rapidement quand c’est nécessaire…

Il faut savoir savourer

Il faut savoir savourer les victoires… Car on ne gagne pas à tous les coups… Le dernier conseil des ministres fédéral a été une vraie réussite pour les entrepreneurs : baisse de l’Isoc, réinstauration de la période d’essai… Cela n’arrive pas tous les jours, toutes les semaines. Alors, avant de prendre quelques vacances, la « lobbyeuse » que je suis se dit qu’elle fait un beau métier et qu’elle n’a pas honte de le dire et ce, dans l’intérêt de gens de valeur. Car le lobby à l’UCM, ce ne sont pas des hommes portant une mallette remplie de billets. Ce ne sont pas des femmes dignes d’un James Bond. Ni des sortes de Machiavel. À l’UCM, c’est une histoire de convictions.

 

About Clarisse RAMAKERS

Directrice du Service d'Etude, de Représentation et de Positionnement

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