On ne gère pas des salariés comme on gère un stock !

Défendre et représenter les entrepreneurs, c'est le job de UCM MouvementLa semaine de 4 jours, une utopie ? C’était le sujet de l’émission « Débats Prem1ère » à laquelle nous avons participé. Pour nous qui représentons les indépendants et les PME, la réponse est « oui ». Le calcul « travailler moins + gagner autant = création d’emplois (compensatoires) »  ne prend pas en compte la réalité des petites structures.

Alors oui, bien sûr, nous aussi, on aimerait vous dire à vous, chers entrepreneurs, que vous allez pouvoir travailler moins et gagner tout autant. C’est séduisant. Qui n’en aurait pas envie ? Mais voilà, nous partageons le même pragmatisme.

Le principal défaut de cette discussion sur la réduction collective du temps de travail avec embauche compensatoire, qui dure depuis 30 ans, est de s’inspirer du principe des vases communicants. Il part du principe que le marché de l’emploi est un système fermé dans lequel les travailleurs sont interchangeables.

Comme nous avons déjà eu l’occasion de l’expliquer lors d’un débat sur la faisabilité de la semaine de quatre jours au sein de l’agence Bruxelles-Propreté, non seulement le système n’est pas fermé mais en plus, les travailleurs ne sont pas interchangeables. Ce dernier point est particulièrement vrai dans une petite entreprise. Or 90 % des PME wallonnes ont moins de 10 travailleurs… Et que dire de la situation des indépendants : une réduction collective du temps de travail ignore totalement leur existence et ne ferait que  creuser encore plus l’écart existant entre eux et les salariés.

Et quand bien même ce serait possible, on finance tout cela comment ? Des baisses de charges ? Ah oui, et on la finance comment la Sécu ? Des primes ? L’Europe nous dit que ce sont des aides d’État. Interdit ! Et au niveau organisation, on fait comment ? L’embauche compensatoire (suite à RCTT) n’est pas simple à organiser dans les entreprises (elle a un coût). La législation sur le temps de travail peut même la rendre impossible (les autres travailleurs ne « libérant » pas assez de travail pour permettre d’engager).

Quant à l’exemple français des 35 heures, est-ce vraiment un exemple? Une promesse de 700.000 emplois créés et seuls 350.000 vraiment créés ; même après aménagements de la loi.

Cela fait donc 30 ans que l’on parle de cette réduction collective du temps de travail, 17 ans que l’on débat du bien-fondé des 35 heures… Pendant ce temps, le monde du travail évolue. La société aussi,  à vitesse grand V. Près de 2/3 des enfants actuellement en maternelle exerceront un métier qui n’existe pas encore. N’est-il pas temps d’en finir avec ces débats du passé et de penser à l’avenir ?

Certes, parler de flexibilité au travail, c’est moins sexy, mais c’est concret. C’est utile, tant pour le développement des PME que pour la conciliation vie privé/vie professionnelle des salariés. Car nous nous leurrons pas, les entrepreneurs le savent, l’un ne va pas sans l’autre. Il serait temps d’en finir avec les clichés et d’avancer, d’assouplir la réglementation sur les différentes formes flexibles d’organisation du travail. Pour nous, c’est ça l’enjeu. Et c’est loin d’être utopique.

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