Enseigner des compétences entrepreneuriales : un fondamental

Le défi qui se pose à notre société est de créer un environnement dans lequel la densité des entrepreneurs sera la plus importante possible. C’est important de le rappeler en cette période de rentrée scolaire.

L’intérêt renouvelé et croissant des décideurs politiques et des milieux d’affaires pour l’entrepreneuriat provient, et est alimenté, par plusieurs idées et concepts sur les bénéfices qu’il dégage pour la société. Plusieurs études reconnaissent l’entrepreneuriat comme une force motrice de stimulation de la croissance économique, du bien-être et de la prospérité. Les gains de productivité, l’innovation, le rajeunissement des acteurs et le renouvellement des activités économiques sont autant de  vertus reconnues à une société entrepreneuriale active.

Quelle approche pédagogique vous aurait convaincu ?

Dans cette perspective, le système éducatif est la clé de voûte d’une stratégie de création d’une société entrepreneuriale. En effet, il a la charge d’éduquer et de former les professionnels variés, de leur fournir toutes les compétences nécessaires à leur insertion sur le marché du travail. L’inclusion de différents aspects des compétences entrepreneuriales dans des cursus classiques (ingénieur, médecine) ou la création de formations innovantes susceptibles de donner aux diplômés des capacités en création et gestion d’entreprise est cruciale pour y arriver.

On peut ainsi se baser sur plusieurs approches pour intégrer l’entrepreneuriat au sein des écoles et universités :

  • Le récit des « success stories » essayera de motiver les futurs entrepreneurs en mettant en avant les hommes et femmes ayant créé une ou plusieurs organisations à succès. Leur parcours serait alors un incitant pour ceux qui hésitent ;
  • Les études de cas permettraient aux étudiants de voir les problèmes dans des entreprises existantes. Les discussions sur les solutions possibles encourageraient les étudiants à adopter une attitude d’entrepreneurs quel que soit le poste de travail qu’ils occuperaient à l’avenir dans une organisation (entreprise, ONG, administration, etc.) ;
  • L’étude de la réalisation de « business plan » donnerait aux étudiants des compétences pour la spécification et le design d’une entreprise. La fixation des objectifs, du programme d’action, et l’esquisse d’un budget prévisionnel sur les premières années de vie de l’entreprise seraient d’excellents exemples de mise en avant de certaines compétences nécessaires au succès des entrepreneurs ;
  • L’apprentissage propose une perspective différente en mettant en avant l’importance de l’étude par la pratique. Il permet aux jeunes d’acquérir les connaissances nécessaires dans le secteur, mais aussi de les confronter au contexte réel de l’entreprise.

Pour une intégration de l’entrepreneuriat dans chaque cursus

L’opérationnalisation de ces approches dans les contenus éducatifs devraient développer et accroître les compétences entrepreneuriales de la population (estudiantine et scolaire). Nous ne nous attendons pas à ce que tous les étudiants d’aujourd’hui deviennent des chefs d’entreprise demain. Il est pourtant raisonnable de penser que les jeunes ayant suivi des enseignements en lien avec l’entrepreneuriat auront plus de chance de se lancer que le reste de la population.

De plus, quel que soit leur choix de carrière, ces matières acquises seront utiles non seulement pour eux-même, mais aussi pour la société. En effet, le cursus éducatif destine certains d’entre eux à travailler comme intermédiaires et/ou consultants au sein d’entreprises ou comme conseillers de ceux qui franchiront le Rubicon en créant leur propre entreprise. Enfin, la valorisation sociale de l’activité des créateurs d’entreprises, de richesses et d’emplois serait plus importante qu’elle ne l’est pour le moment.

Une formation entrepreneuriale, gage d’une société entreprenante…

Notre leitmotiv à l’UCM est la création d’un environnement où il fait bon entreprendre. L’augmentation de la densité des entrepreneurs et l’amélioration des conditions d’exercice de leurs activités orientent la quasi-totalité de nos actions. Bien que nous valorisions et que nous soyons plus proches de ceux qui se sont lancés, toute personne susceptible de faciliter la création, la gestion et/ou la pérennisation d’une entreprise peut-être considérée comme un entrepreneur au sens large. Pour que la société de demain soit entreprenante et sensible aux réalités des entreprises, il faut intégrer cette dimension dans les cursus scolaire dès maintenant et ce dès le plus jeune âge. Tout comme vous, entrepreneurs, nous plaidons pour ces modifications des programmes scolaires, pour une meilleur adéquation avec les réalités socio-économiques auxquelles vous êtes confrontés chaque jour. Avec vous, nous relèverons le défi.

About Charlie TCHINDA

Charlie Wesley TCHINDA TAMETSA Statisticien – Coordinateur des Etudes UCM National - Service d'Etudes

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