L’envoi de faux CV en Wallonie a un air de « déjà-vu »

Ce 9 janvier 2018,  l’UCM est entendue au Parlement wallon sur un projet de lutte contre les discriminations à l’emploi via un « contrôle mystère » des employeurs. Nous exposerons notre désapprobation et nos inquiétudes quant à cette approche.

La volonté du projet déposé par certains parlementaires wallons est, comme à Bruxelles et au Fédéral, de lutter contre les discriminations à l’embauche par l’envoi de faux CV ou la passation d’appels sous une fausse identité.

L’objectif est de contrôler, à leur insu, les réponses et réactions des employeurs. Une approche que ne soutient pas l’UCM.

La saga continue

Le contrôle mystère des employeurs pour lutter contre les discriminations, que ce soit par l’envoi de faux CV ou la passation d’appels mystère, suit une véritable saga politique depuis plus d’un an.

Début 2017, la Région bruxelloise a pris l’initiative d’une ordonnance. Ce, malgré les réserves du monde patronal. Et malgré le risque d’un chevauchement de compétence avec le pouvoir fédéral, où un projet similaire suivait malheureusement son cours.

Depuis le 1er janvier 2018, les entreprises bruxelloises sont les seules entreprises d’Europe devant faire face à la réception de faux CV et d’appels des inspecteurs régionaux sous une fausse identité.

À présent, c’est au niveau fédéral que le projet d’envoi de faux CV se concrétise – pour l’inspection sociale cette fois. Il a été adopté en Commission le 20 décembre 2017 et sera voté très prochainement à la Chambre. Il met davantage de garde-fous que la mouture bruxelloise pour éviter les débordements sur le terrain, notamment avec l’accord préalablement obligatoire de l’auditeur du travail ou du procureur de Roi, mais conserve le même caractère insidieux à l’encontre des employeurs.

Fin de feuilleton ? Pas encore ! Le dernier épisode est à venir : une proposition de décret wallon qui calque le texte bruxellois vient d’apparaître sur les bancs des parlementaires wallons. Mais cette fois, en plus du goût amer de la mesure pour les employeurs, le timing pose réellement question quand on sait que les entreprises wallonnes devront déjà faire face au texte fédéral qui s’appliquera à tout le territoire belge.

Bouillon institutionnel en vue ? On le craint. Et ce sont les entrepreneurs qui risquent d’en faire les frais.

Ce 9 janvier 2018, l’UCM est entendue au Parlement de Wallonie pour y exposer sa désapprobation et les inquiétudes des petites entreprises sur ce projet de décret.

About David PISCICELLI

Conseiller au service d'études et spécialisé dans les matières sociales (emploi, formation et droit du travail), je défends les intérêts des entrepreneurs et PME dans ces domaines.

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