Lancement d’un nouveau chantier fiscal

 

ucm-ippFort des réformes engrangées, le ministre des Finances, Johan Van Overtveldt (N-VA), lance une réforme de l’impôt des personnes physiques (IPP). L’objectif annoncé est de creuser davantage le différentiel entre les revenus du travail et les allocations sociales.

La taxation sur le travail en Belgique est fréquemment pointée comme l’une des plus élevées de l’Union européenne. Ce qui nuit gravement à nos entreprises en termes de concurrence vis-à-vis des pays voisins. En effet, avec 44,3 milliards d’euros de recettes,  l’IPP est de loin devant les recettes TVA (30,1 milliards  d’euros)  et de l’impôt des sociétés (16,8 milliards d’euros). À l’IPP, le contribuable est taxé trop vite au taux le plus élevé.

L’UCM est preneuse d’une discussion autour de ce nouveau chantier et soutiendra cet objectif visant à récompenser davantage le travail.

Alléger la taxation sur le travail est bénéfique pour la relance de la consommation et donc pour nos PME. Lors des discussions sur le précédent tax shift en juillet 2015, l’UCM avait défendu une enveloppe « pouvoir d’achat » à côté de l’enveloppe « soutien aux PME ». L’une des mesures proposées par l’UCM était la baisse du taux des cotisations sociales des travailleurs indépendants.

Oui à ce nouveau glissement fiscal mais…

L’UCM ne soutiendra pas cette réforme à n’importe quel prix. Son financement doit se faire en priorité sur des réductions et rationalisations des dépenses publiques. Nous songeons à la hausse de la taxation sur les boissons sucrées, sur les vins et spiritueux, qui a eu pour effet de déplacer les achats vers les pays limitrophes (tax shift 2016).

Nous voulons de plus avoir la garantie que les réformes en cours (tax shift et baisse de l’Isoc) sont effectivement financées sans hausse cachée de la pression fiscale.

En vue des élections fédérales de 2019, nous  formulerons, avec nos membres, des propositions en ce sens.

Propositions sur la table

Le ministre des Finances avance quelques pistes :

  • Hausse de la quotité exemptée d’impôt.
  • Élargissement des tranches d’imposition les plus basses.
  • Refonte des niches fiscales.

Dans une interview parue dans la Libre Belgique ce 27 janvier 2018, il confie avoir chargé le Conseil supérieur des finances d’une analyse approfondie de l’IPP. Les résultats sont attendus dans un an.

Position des autres partis du gouvernement fédéral

  • Le CD&V propose un « dual income tax » ou le maintien de l’imposition des revenus du travail aux taux progressifs et la taxation forfaitaire en parallèle de l’immobilier et du capital.
  • L’Open VLD, de son côté, défend une « flat tax » ou taxation forfaitaire à 30% et l’abandon de la progressivité.
  • Le soutien du MR serait acquis. Le ministre des Finances n’hésite pas à parler d’un axe fiscal MR/N-VA.

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