10 minutes pour faire le bilan à mi-législature

Interview de Philippe Godfroid, président UCM, sur Bel RTLCe 19 avril, le président de l’UCM, Philippe Godfroid, était l’invité de Martin Buxant, sur Bel RTL, pour faire le bilan des gouvernements fédéral et régionaux. Évidemment, en 10 minutes, c’est difficile de parcourir un sujet pareil. On vous en dit plus…

En chiffres, le bilan est plutôt positif : 88.963 entreprises créées en 2015, 105.000 emplois créés en 2016, 140.000 emplois créés d’ici 2018 et un nombre record d’indépendants. Néanmoins le plus important, c’est ce que les entrepreneurs en pensent.

Et là, notre dernier baromètre confirme ces chiffres : les entrepreneurs sont optimistes. Optimistes, certes mais prudents et préoccupés par deux sujets majeurs : une pression fiscale croissante et un coût du travail élevé.

L’évaluation d’un bilan, ça signifie une évaluation des mesures adoptées mais également un screening des mesures à prendre.

Où en est-on à mi-législature ?

Dans la colonne des « + », le tax shift produit ses effets à deux niveaux : pour les indépendants (réduction des cotisations sociales sur 3 ans de 22 à 20,5%) et pour les employeurs (le premier engagement est exempté à durée indéterminée de cotisation patronale principale). L’UCM a plaidé pour l’adoption de ces deux mesures afin de diminuer les charges qui pèsent sur le travail.

Au niveau régional wallon, le pacte pour l’emploi et la formation permet de baliser les lignes directrices suite à la 6e réforme de l’État avec les aides à l’emploi pour lesquelles les T/PME sont une cible au même titre que les jeunes, les demandeurs d’emploi ou les travailleurs âgés (#victoireUCM).

Après de nombreuses années de discussion, nous avons également obtenu la mise en place du prêt « Coup de pouce » qui permet une fiscalisation intéressante d’un apport de fonds de maximum 50.000 € au sein d’une PME (car le soutien de la famille et des amis sont en facteur essentiel lors du lancement d’une entreprise).

Une approche sectorielle intéressante avec le plan commerce (secteur qui occupe 1 emploi sur 7 en Wallonie) qui vise à rendre les commerçants plus innovants et plus connectés afin de faire face aux concurrents du web et mettre en avant le conseil de proximité.

Il reste des choses à faire

Tout ceci est fort bien mais c’est insuffisant. Il faut que les gouvernements retroussent leurs manches et mettent en œuvre une série de réformes urgentes :

  • La réforme de l’impôt des sociétés (Isoc) et une révision à la baisse du précompte mobilier (qui est passé de 25 à 30 % en deux ans).


Les principes suivants seront les lignes directrices de la réforme de l’Isoc si le Gouvernement souhaite qu’elle ait des retombées positives sur les entrepreneurs :

  1. Une baisse significative du taux nomimal aux alentours du niveau de la moyenne européenne
  2. Le maintien du taux réduit PME et baisse de ce taux à minimum entre 18 et 20%
  3. Une réelle simplification des normes fiscales
  4. La rationalisation des niches fiscales avec priorité aux niches créatrices d’investissement
  5. L’instauration d’une concertation permanente entre le fisc et les entrepreneurs dans le cadre des contrôles fiscaux et déstigmatisation de ces derniers
  6. Un bilan et une concertation avec les fédérations concernées par les hausses d’accises sur les vins et alcools
  •  La réinstauration de la période d’essai

Les chiffres du Forem le montrent : le nombre de contrats à durée indéterminée (CDI) dans les opportunités d’emploi est en baisse (diminution de 3 % annuel depuis 2014). La disparition de la période d’essai en est une des causes. Les petites entreprises ne peuvent faire appel à l’interim (trop coûteux) et craignent de se trouver pieds et points liés par des délais de préavis trop importants.

L’UCM ne cesse de garder « son pied dans la porte » sur ce sujet. Pour rappel, la Belgique est un des seuls pays européen où il n’existe plus de période d’essai.

  • La finalisation de la réforme du calcul des cotisations sociales et la création d’une « vraie assurance groupe » pour les indépendants

En matière de statut social des indépendants, l’UCM se bat sur trois fronts :

  1. La création de nouveaux seuils afin de permettre que le calcul des cotisations sociales corresponde le plus précisément aux revenus perçus
  2. Une diminution des pénalités (qui peuvent atteindre 19 %) lorsque le calcul des cotisations à payer a été « sous-évalué »
  3. Un véritable 2e pilier de pension (système assurance-groupe) fiscalement déductible de manière intéressante

 Au niveau de la Région wallonne

  • Rendre effectives les décisions qui ont été prises, notamment en matière d’aides à l’emploi
  • Dans la foulée du Plan Marshall et du drame que l’on a connu avec le départ de Caterpillar, il faut assurer un meilleur maillage entre les entreprises structurantes et les compétences qui se trouvent au sein des TPE/PME

Au niveau de la Région de Bruxelles Capitale

Il est urgent de proposer une politique efficace en termes de mobilité (coût pour les entreprises : 511 millions d’euros en 2013). Pour ce faire, il est indispensable de prévoir les investissements en matière de transport public et de parkings de délestage afin de permettre une véritable vision « mobilité ».

Toutes ces revendications, nous les avons construites sur base des études auxquelles vous participez, de nos rencontres avec vous ou encore des discussions que nous avons sur vos préoccupations. Si vous en avez d’autres, n’hésitez pas à nous contacter. Nous les relaierons auprès de nos responsables politiques. C’est notre rôle.

Pour revoir l’interview de Philippe Godfroid :


Philippe Godfroid – L’invité de Bel RTL

About Clarisse RAMAKERS

Directrice du Service de Lobby et d'Etude. Une passion pour l'entrepreneuriat et la course à pied. "La curiosité n'est pas un vilain défaut mais permet de comprendre le monde qui bouge", telle est ma devise.

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