Les PME vont-elles payer l’électricité des grandes entreprises ?

Si l’on en croit le contenu du pacte énergétique ainsi que la réponse de la ministre Marghem (MR) à une question parlementaire, il est probable que le gouvernement fédéral introduise avant la fin de l’année une norme énergétique, c’est-à-dire un prix réduit pour les grandes entreprises. Attention danger pour la facture des PME.

Pour l’UCM, s’il est nécessaire, dans certains cas, de prémunir nos industries électro-intensives contre les risques de délocalisation liés à l’existence d’un prix de l’énergie non compétitif par rapport à d’autres régions, l’instauration d’un tarif Industrie généralisé ne nous semble pas justifiée.

En effet, nous pensons que la charge du réseau ainsi que la transition énergétique doivent être payées équitablement par l’ensemble des consommateurs du pays. Dans le cas contraire, ce sont les petits consommateurs, c’est-à-dire la grande majorité des entreprises du pays, qui devront supporter la baisse de coût offerte aux entreprises électro-intensives sur leur facture énergétique.

Cette augmentation entraînera donc une baisse de leur compétitivité pour les PME et les indépendants. Ce que l’UCM ne peut accepter.

Nous plaidons :

  • Pour qu’un tarif préférentiel ne soit envisagé en tant qu’outil de compétitivité que pour certaines entreprises justifiant d’un désavantage comparatif sur l’ensemble de leur facture et vecteurs énergétiques.
  • Pour que ce désavantage soit « monitoré » régulièrement et que le tarif soit adapté en fonction de cette évaluation.
  • Pour que ces avantages soient limités dans le temps et permettent aux industries bénéficiaires d’investir dans la réduction de leur consommation d’énergie. En effet, les PME ne peuvent accepter de payer collectivement et indéfiniment le coût lié à l’inefficacité énergétique de certaines entreprises qui n’utiliseraient pas l’opportunité de ce tarif réduit pour investir afin d’optimaliser et réduire leurs besoins de consommation.

En conclusion, les décideurs politiques doivent être conscients que si les capacités d’investissement des PME sont utilisées à payer la facture des autres, il ne pourront plus servir à réduire leur propre consommation.

Pour l’UCM, ces moyens doivent être investis prioritairement dans une tarification carbone (à condition bien sûr que la tarification payée par les PME reviennent sous forme d’accompagnement/aides aux PME pour investir dans leur réduction d’énergie).

 

 

About Antoine BERTRAND

Conseiller en charge des matières économiques et environnementales bruxelloises. A ce titre, je défends l'intérêt des PME auprès des pouvoirs publics et dans différents organes de concertation sociale bruxelloise, réalise des études et positionne l'UCM sur des thématique plus spécifiques.

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