Parlement UCM : Repenser la relation avec l’administration

Ce 19 janvier 2026, le Parlement UCM a réuni entrepreneurs, représentants de fédération sectorielles, experts du service d’études UCM et le Cabinet de la Ministre Jacqueline Galant pour faire le point sur la relation entre les entreprises et l’administration. L’ambition est grande : dépasser la simple addition de mesures concrètes : il s’agit maintenant d’opérer un véritable changement de paradigme, afin de faire de l’administration le premier partenaire des entrepreneurs. Retour sur une soirée riche en enseignements…

En 2026, la simplification administrative reste un enjeu majeur

La simplification administrative est dans les priorités d’UCM et de toutes les organisations sectorielles de notre pays. Pas parce que c’est la mode, mais parce qu’elle est nécessaire pour notre compétitivité, ainsi que pour garantir la viabilité de notre économie et de notre modèle social.

Combien de temp gaspillé en démarches administratives inutiles, répétitives ? Combien d’argent perdu ?

Combien de projets qui n’ont jamais vu le jour ? Combien de personnes jamais embauchées ? Combien d’idées restées dans les tiroirs ?

Combien de nuits blanches ? Combien de rendez-vous chez le médecin ? Chez le Psychologue ?

Le message adressé hier à la Ministre Jacqueline Galant, en charge de la simplification administrative, était clair. Il est urgent de :

  • Réduire la paperasse et les délais, digitaliser.
  • Rendre les démarches plus logiques.
  • Arrêter les contrôles inutiles.
  • Améliorer l’accessibilité (contact humain, information, lisibilité).

Ce dont on a besoin, c’est d’un changement de logiciel.

Une prise de conscience réelle

Ce parlement UCM était aussi l’occasion d’acter que la prise de conscience est réelle. La bonne volonté aussi. À tous les étages, des projets de simplification sont sur la table.

✅ A l’Europe :

Dans la foulée du « Rapport Draghi », les différents « omnibus » avancent, avec un objectif ambitieux de réduction de 35 % des charges administratives. Ils touchent à la digitalisation, à l’investissement, à l’agriculture, à la cybersécurité…

✅ Au Fédéral :

Au fédéral aussi, la dynamique est positive. Plusieurs plans sont sur la table :

  • PAFSA (Plan Annuel Fédéral de Simplification Administrative) : 78 mesures
  • Make 2025‑2030 (réindustrialisation) : 25 mesures
  • Plan PME 2025 : 89 mesures, dont 24 dédiées à la simplification administrative.

Ces différents plans sont aussi le signe que le politique cherche des améliorations, des solutions, et qu’il y a une volonté d’écoute. Jusqu’ici, on valide… et on espère voir des résultats, rapidement.

✅ A la Région Wallonne – FWB :

Le cabinet de Jacqueline Galant a commencé par rappeler les 3 piliers sur lesquels repose « la stratégie du choc » adoptée le 27 mars 2025 :

  • Changer la culture : transformer l’état d’esprit des administrations et des fonctionnaires ; introduire une logique client/usager.
  • Moderniser et digitaliser : outils transversaux, approche data‑centric, formulaires préremplis, guichet unique digital.
  • Mesures concrètes : quick wins, simplification réglementaire, réduction des délais.

✅ Dans les entreprises, cibles prioritaires de la simplification

Pour les entreprises, la ministre a identifié trois leviers principaux de simplification :

🔹Only Once :

L’application effective du principe « only once » est au coeur de l’efficacité de l’action publique. Pour aboutir, la Ministre concentre ses efforts sur :

  • L’accélération des procédures pour accéder aux données (authentiques) fédérales.
  • Le déploiement d’un « référentiel entreprises ».

Ce référentiel permettra l’identification unique de chaque entreprise et la récupération automatique de toutes les données utiles dans les bases de données fédérales et régionales.

🔹Principe de confiance :

Déployer le principe de confiance dans l’administration est la pierre angulaire pour un apaisement des relations avec les entreprises. Concrètement, il doit se traduire par :

  • Une diminution des pièces justificatives,
  • La réduction et le ciblage des contrôles,
  • Le passage d’un contrôle a priori à un contrôle a posteriori,
  • La mise en place d’analyses de risques,
  • Une méthodologie est déjà définie, avec une liste de dispositifs prioritaires.

Une méthodologie est déjà définie, avec une liste de dispositifs prioritaires. Pour la Ministre Galant, le principe de confiance dépend surtout de « l’appétence au risque », une compétence rarement valorisée dans les administrations.

🔹Digitalisation :

Bien sûr, on ne peut pas parler de simplification sans parler de dématérialisation et digitalisation. Depuis 2024, c’est :

  • plus de 80 démarches digitalisées,
  • plus de 200.000 formulaires soumis via Mon Espace (en 2025).

Concrètement, la digitalisation des demandes de permis d’environnement et d’urbanisme sont en cours et mobilisent aussi beaucoup d’énergie.

Les mesures concrètes

La simplification, c’est aussi des améliorations concrètes, rapides. Et qui de mieux placé que les représentants sectoriels pour identifier les points les points de friction pour les entreprises ?

Et un point crucial a été rappelé lors du Parlement UCM : la Ministre de la Simplification Administrative n’a PAS le pouvoir d’imposer ses mesures aux autres ministres dans leurs domaines de compétence. Elle ne dispose en effet d’aucune autorité hiérarchique sur les administrations sectorielles.

Une stratégie de simplification doit donc s’appuyer sur :

  • La mobilisation volontaire de tous les ministres.
  • La collaboration réelle de toutes les administrations, à tous les niveaux de pouvoir.
  • D’une culture commune de la simplification.

Sans cette mobilisation collective, la simplification ne restera qu’une déclaration d’intention.

La parole est au terrain

Le parlement UCM, c’est surtout l’occasion d’un échange franc et direct entre les représentants des fédérations et les décideurs. Et en la matière, les préoccupations sont nombreuses :

  • Les entreprises sont parfois les victimes collatérales d’une complexité administrative instaurée entre elles. Quand une administration doit attendre plus d’un an pour obtenir une donnée d’une autre administration, ce sont les entreprises qui trinquent.
  • Les contrôles sont souvent mal vécus. Les entrepreneurs ont l’impression qu’ils sont systématiquement à charge. Certains contrôles pourraient être annoncés pour ne pas impacter directement le bon fonctionnement de l’entreprise. Veiller à une application uniforme des règles est aussi un prérequis pour une relation apaisée.
  • Simplifier la vie des entreprises, c’est aussi revaloriser le travail de l’administration et de son personnel. Et si on créait un droit à l’erreur pour les fonctionnaires ?
  • Et si on réduisait la charge liée aux demandes de subsides ? Elle peut « manger » jusqu’à 20% du subside en question. La simplification administrative, c’est aussi de l’argent public mieux dépensé.  

Conclusion : la collaboration fera la différence !

La Ministre et son cabinet le reconnaissent explicitement : il n’y aura pas de simplification durable sans les entreprises et leurs représentants… et surtout, l’implication de chaque ministre !

Ce parlement était l’occasion de faire un bilan mais aussi de poser une pierre de plus pour créer du lien, pour mobiliser les secteurs, les représentants politiques et faire avancer la cause. Vivement le prochain !

Et qui sait, un jour, UCM écrira un mémorandum dans lequel le mot “simplification” n’apparaîtra pas.

Olivier Vandenabeele

Olivier Vandenabeele

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