Pour atteindre 80 % d’emploi, le gouvernement renforce la lutte contre l’absentéisme. UCM salue des mesures réalistes et proportionnées grâce à d’indispensables exemptions pour les PME.
L’ambition du gouvernement fédéral est claire : atteindre un taux d’emploi de 80 %. Notamment en remettant davantage de malades de longue durée sur le chemin du travail. Pour y parvenir, il mise sur une responsabilisation accrue de tous les acteurs : travailleurs, employeurs, médecins et mutuelles.
Pour UCM, cette approche ne peut être soutenue que si elle tient pleinement compte de la réalité des PME, qui constituent la majorité du tissu économique belge. Les petites entreprises ne disposent ni des mêmes ressources RH, ni de la même capacité financière que les grandes structures. À cet égard, plusieurs choix opérés par le Gouvernement vont dans le bon sens. Nous soulignons les exemptions prévues pour les entreprises de moins de 50 travailleurs. UCM les a obtenues pour les chefs de PME.
PME : des exemptions assumées
UCM se félicite que le Gouvernement ait reconnu que les PME ne peuvent être traitées comme des grandes entreprises. Point majeur : la nouvelle cotisation de solidarité, qui remplace la cotisation de responsabilisation. Celle-ci ne s’appliquera qu’aux entreprises occupant au moins 50 travailleurs. Les PME sont donc dispensées de cette contribution. Une économie de 30 % sur les indemnités d’incapacité versées par la mutualité après la période de salaire garanti (pour deux mois dès 2026 et 4 mois dès 2027).
C’est aussi le cas en matière de certificats médicaux. Dans les entreprises de plus de 50 travailleurs, le nombre de jours d’absence sans certificat est désormais limité à deux par an. Les entreprises de moins de 50 travailleurs ne sont toujours pas concernées et peuvent continuer à exiger un certificat médical pour chaque jour d’absence. Cette exemption est essentielle pour préserver l’organisation du travail.

Responsabiliser… de manière proportionnée
La lutte contre l’absentéisme passe par une clarification des règles et par la fin de certains effets pervers. L’allongement du délai de rechute à huit semaines avant l’ouverture d’un nouveau droit au salaire garanti met fin à l’« effet tourniquet » qui pesait lourdement sur les employeurs.
De même, le raccourcissement du délai permettant d’entamer une procédure de rupture du contrat pour force majeure médicale, de neuf à six mois d’incapacité ininterrompue, apporte une sécurité juridique bienvenue aux entreprises confrontées à des situations durablement bloquées.
Dans le cas des reprises partielles du travail (temps partiel médical), le glissement de la charge du salaire garanti vers la mutualité en cas de rechute à partir de 2026 constitue également un signal positif. Cette mesure limite le risque financier pour l’employeur et favorise les reprises progressives, souvent plus réalistes dans les PME.
Réintégration : effort partagé
Le Gouvernement renforce également les obligations en matière de réintégration. Les employeurs devront maintenir un contact régulier avec les travailleurs en incapacité. Ceci via une procédure définie dans le règlement de travail. En parallèle, les travailleurs auront l’obligation de collaborer activement au trajet de réintégration. Sous peine de sanctions.
Pour UCM, cette logique d’effort partagé est indispensable. La réintégration ne peut reposer uniquement sur les épaules de l’employeur. En particulier dans les PME où chaque absence a un impact direct sur l’activité.

Conclusion UCM
UCM soutient l’objectif du Gouvernement, à condition que les mesures restent réalistes, proportionnées. Bref, adaptées aux PME. Les exemptions prévues pour les entreprises de moins de 50 travailleurs constituent un signal fort et nécessaire. UCM restera toutefois vigilante afin que la responsabilisation accrue ne se traduise pas, à terme, par de nouvelles charges ou contraintes incompatibles avec la réalité des petites et moyennes entreprises, véritable colonne vertébrale de l’économie.
