La transition énergétique est sur toutes les lèvres. Mais sur le terrain, une question revient souvent chez les entrepreneurs : comment investir dans l’électrification quand l’électricité coûte structurellement plus cher que les énergies fossiles ? Pour les PME, cette question n’est pas théorique. Elle conditionne des décisions très concrètes : remplacer une chaudière, adapter un processus de production, électrifier une flotte de véhicules ou moderniser un bâtiment. Or, aujourd’hui, le cadre économique ne pousse pas suffisamment dans cette direction.
Des PME volontaires, mais contraintes
Les petites et moyennes entreprises représentent l’essentiel du tissu économique belge. Elles créent de l’emploi local, investissent dans leur région et assurent des services de proximité indispensables.
Mais quand il s’agit d’énergie, elles cumulent plusieurs fragilités :
- des coûts énergétiques élevés, difficiles à absorber.
- un faible pouvoir de négociation face aux fournisseurs.
- des marges souvent trop serrées pour financer facilement des investissements lourds.
Le vrai verrou : un signal-prix incohérent
Le cœur du problème tient en une notion simple : le signal-prix.
Pour beaucoup de PME, l’électricité reste aujourd’hui désavantagée par rapport au gaz.
Cela crée une contradiction difficile à gérer pour un entrepreneur :
👉 on encourage l’électrification,
👉 on demande de réduire les émissions,
👉 mais l’énergie la plus propre reste souvent la plus chère.
Dans ces conditions, les investissements dans l’efficacité énergétique ou l’électrification sont ralentis, non par manque de volonté, mais par manque de cohérence économique.

Même la Commission européenne tire la sonnette d’alarme
Ce déséquilibre ne passe pas inaperçu. Dans son évaluation du plan national énergie-climat de la Belgique, la Commission européenne souligne elle aussi la nécessité de mieux aligner les prix de l’énergie avec les objectifs climatiques.
L’enjeu est clair : réduire l’écart entre le coût de l’électricité et celui des combustibles fossiles afin de rendre l’électrification réellement compétitive pour les entreprises.
1 milliard pour la « norme énergétique », et quoi pour les PME ?

La future norme énergétique fédérale prévoit un soutien de près d’un milliard d’euros à la compétitivité énergétique. Mais le dispositif annoncé bénéficiera surtout à un nombre très limité d’entreprises très énergivores, laissant la majorité des PME en marge de cette dynamique.
Pour les PME, un autre levier est donc essentiel : agir directement sur le prix de l’électricité.
Un engagement du gouvernement Arizona… toujours attendu
Le gouvernement fédéral s’est engagé dans son accord de gouvernement à réduire les accises sur l’électricité au minimum autorisé au niveau européen. Pour les PME, cette mesure peut véritablement changer la donne dans de nombreuses décisions d’investissement.
Alléger davantage la facture d’électricité permettrait :
- de rendre plus attractifs les équipements électriques performants,
- d’accélérer l’abandon progressif des combustibles fossiles qui nous rendent dépendants de l’étranger,
- de sécuriser des projets aujourd’hui mis en attente.
Cependant, si aujourd’hui le gouvernement Arizona a avancé sur la norme énergétique, force est de constater que les PME attendent toujours des avancées concrètes.
Pour UCM et UNIZO, la demande est claire :
👉 respecter cet engagement.
👉 envoyer un signal-prix favorable à l’électrification.
👉 inclure pleinement les PME dans la trajectoire de décarbonation.

Sans les PME, pas de transition réussie
Les PME ne refusent pas la transition. Au contraire, beaucoup veulent investir, innover et réduire leur dépendance aux énergies fossiles. Mais elles ont besoin d’un cadre stable, prévisible et économiquement cohérent.
La transition énergétique ne peut pas être un luxe réservé à ceux qui ont les épaules les plus larges. Elle doit devenir une opportunité accessible pour toutes les entreprises.
Corriger le signal-prix de l’électricité, c’est bien plus qu’une mesure fiscale : c’est une condition indispensable pour que la décarbonation devienne une réalité sur le terrain, dans les ateliers, les commerces et les PME de tout le pays.
C’est maintenant qu’il faut avancer.
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