Les employeurs de PME francophones connaissent l’objectif : rendre les choix de mobilité durable plus simples. Elles alertent néanmoins sur les risques d’une obligation généralisée du budget mobilité. Un dispositif complexe, imposé sans accompagnement, ne changera pas les habitudes de mobilité. Pour être efficace, le budget mobilité doit d’abord être simple et praticable.
Pas d’objection sur le fond
Le budget mobilité est souvent présenté comme un levier clé de la transition vers une mobilité plus durable. Et sur le fond, les employeurs de PME belges partagent largement cet objectif. Le dispositif n’est d’ailleurs pas né d’une injonction politique, mais bien des concertations entre partenaires sociaux.
Les PME comprennent donc l’enjeu environnemental et voient aussi l’intérêt du budget mobilité comme instrument de diversification des modes de déplacement. Sur le principe, l’approche est pertinente : elle laisse théoriquement le choix au travailleur, tout en garantissant une neutralité budgétaire pour l’entreprise.
La contrainte légale n’est pas une solution miracle
Pour autant, UCM considère qu’une obligation légale ne suffira pas à modifier les comportements de mobilité. Les habitudes ne se transforment pas par décret. Sans adhésion réelle des travailleurs, sans alternatives crédibles et sans cadre praticable pour les employeurs, le risque est élevé de créer une contrainte administrative supplémentaire, sans bénéfice environnemental tangible.
C’est dans cet esprit qu’UCM s’est opposée à une obligation généralisée d’instaurer un budget mobilité dans toutes les entreprises, quelle que soit leur taille. Une exemption structurelle a pu être obtenue pour les entreprises de moins de 15 travailleurs. Pour les PME qui comptent entre 15 et 50 travailleurs, l’exemption reste toutefois temporaire, ce qui continue de nous préoccuper.

Un dispositif trop complexe pour les réalités des PME
Le principal obstacle identifié par les employeurs de PME est clair : la complexité excessive du dispositif, en particulier dans le calcul du budget mobilité. Les règles actuelles imposent de reconstituer le coût total de possession (TCO) de la voiture de société sur plusieurs années, à l’aide de formules techniques lourdes et peu accessibles.
Or, la majorité des PME ne disposent ni de services RH spécialisés, ni de ressources juridiques internes. Cette complexité représente un frein majeur à l’adoption réelle du système. Elle génère de l’insécurité, du temps administratif supplémentaire et des coûts qui n’ont rien de proportionné.
Simplifier pour éviter une usine à gaz
Les demandes patronales sont cohérentes et pragmatiques : simplifier drastiquement les règles de calcul, réduire les périodes de référence et recourir davantage à des montants forfaitaires clairs et sécurisés. L’objectif est simple : rendre le budget mobilité réellement applicable dans les PME, sans expertise pointue ni dépendance excessive à des consultants externes.
À défaut, le risque est évident : une mise en œuvre purement formelle, dictée par l’obligation légale, coûteuse pour l’entreprise et inefficace sur le plan des comportements de mobilité.

Tenir compte des réalités économiques et fonctionnelles
Il faut également rappeler une évidence trop souvent ignorée : toutes les fonctions ne sont pas compatibles avec les mêmes choix de mobilité. Fonctions commerciales, métiers itinérants, déplacements fréquents ou exigences d’image professionnelle nécessitent objectivement un véhicule adapté.
Imposer uniformément le budget mobilité, sans tenir compte de ces réalités de terrain, serait non seulement contre-productif, mais aussi économiquement pénalisant pour de nombreuses PME. Les employeurs doivent conserver la possibilité d’exclure certains travailleurs lorsque la fonction ou un intérêt légitime le justifie.
Oui au budget mobilité, non à une obligation mal calibrée
Le message des PME est clair et cohérent : oui au budget mobilité, mais non à une obligation généralisée, complexe et déconnectée des réalités entrepreneuriales. Si les pouvoirs publics souhaitent faire du budget mobilité un véritable levier de transition, ils doivent d’abord le rendre simple, proportionné et praticable pour les PME.
À défaut, le dispositif risque de devenir une nouvelle contrainte réglementaire de plus, là où les entreprises ont avant tout besoin de clarté, de souplesse et de confiance.
