Emballages : un casse-tête européen pour les PME

PPWR, c’est le nom du nouveau règlement européen sur les emballages. L’objectif est légitime : réduire les déchets. Mais pour de nombreuses PME qui vendent à l’étranger, les obligations liées aux emballages sont en réalité impraticables. C’est un véritable parcours administratif, décourageant. UCM appelle à une harmonisation européenne et à des mesures de simplification pour éviter que la transition écologique ne freine l’activité des petites entreprises.

Ce 12 août 2026 a marqué l’entrée en application du nouveau règlement européen sur les emballages. Nom de code: PPWR. Sur le papier, l’objectif est indiscutable : réduire les déchets, accélérer le réemploi et réussir la transition vers une économie circulaire. Des ambitions qu’UCM partage pleinement. Pourtant, sur le terrain, l’inquiétude grimpe chez nos indépendants, commerçants et PME (reportage du JT de RTL-TVi). Et leur constat mérite d’être entendu.

Une nouvelle fracture entre grands groupes et petites structures

Depuis plusieurs jours, les témoignages d’entrepreneurs se multiplient au sein de nos réseaux. Au cœur de leurs préoccupations : l’absurdité des règles applicables aux ventes transfrontalières au sein de l’Union européenne.

Concrètement, de nombreuses PME découvrent qu’expédier un simple produit emballé vers un autre État membre les oblige à :

  • Jongler avec des réglementations nationales morcelées.
  • S’inscrire dans une multitude de registres locaux.
  • Désigner et rémunérer un représentant local dans certains pays.

Pour une multinationale dotée d’armées de juristes et de départements de conformité, ces démarches sont absorbées dans la gestion quotidienne. Pour un artisan, une entreprise familiale, un artiste ou un e-commerçant qui réalisent quelques ventes occasionnelles à l’étranger, le coût principal n’est pas seulement financier : il est d’abord administratif.

Le paradoxe du marché unique

Depuis trente ans, l’Europe encourage les PME à abattre les frontières et à conquérir le marché intérieur. Nos entrepreneurs ont investi dans l’e-commerce, modernisé leur logistique et adopté le numérique pour vendre d’un bout à l’autre du continent.

Aujourd’hui, face au labyrinthe bureaucratique des obligations d’emballages, certains d’entre eux envisagent le pire : restreindre leurs zones de livraison ou renoncer purement et simplement à exporter vers certains pays européens.

« Alors que l’Europe affirme vouloir supprimer les barrières commerciales, les PME voient réapparaître des frontières administratives invisibles, mais paralysantes. C’est un signal politique alarmant. »

La transition écologique doit rester compatible avec l’esprit d’entreprendre

Chez UCM, nous refusons l’opposition caricaturale entre économie et écologie. La transition vers une économie circulaire est une nécessité absolue. Mais pour être acceptée et efficace, elle doit rester praticable pour les petites et moyennes entreprises qui forment 99 % du tissu économique.

Lorsqu’une réglementation devient si complexe qu’elle pousse les plus petits acteurs à abandonner le marché unique ou à renoncer à exporter, elle manque sa cible.

Une loi n’est pas réussie parce qu’elle est ambitieuse ; elle est réussie lorsqu’elle est applicable sur le terrain.

Ce que demande UCM

Pour que l’économie circulaire reste un levier d’opportunités et non un frein à l’innovation, UCM se mobilise aux niveaux belge et européen (via SMEunited) et réclame :

  • Un véritable Guichet unique européen (One-Stop Shop) permettant aux entreprises d’effectuer l’ensemble de leurs déclarations liées aux emballages et à leur recyclage en un seul endroit, sur le modèle déjà utilisé pour la TVA dans le commerce en ligne ;
  • Une harmonisation réelle des registres et procédures nationales ;
  • Une réelle proportionnalité et des exemptions ciblées pour les microentreprises et les PME ;
  • Une période de transition et de tolérance administrative garantissant l’absence de sanctions pendant la clarification du cadre européen.

Au-delà de ces urgences, une question plus fondamentale doit être posée : le modèle actuel de financement de la gestion des déchets par l’utilisateur final d’emballages est-il encore adapté, ou doit-il être réinventé pour éviter d’étouffer nos PME ?

Ne pas perdre de vue l’objectif

L’ambition du PPWR est admirable : bâtir une Europe plus durable et économe en ressources. Mais il n’y aura pas d’économie circulaire forte sans PME fortes.

Il appartient désormais aux institutions européennes et aux États membres de faire de la simplification administrative une réalité concrète. L’écologie et l’économie circulaire ne doivent pas devenir le privilège des seules entreprises en mesure de s’offrir le luxe d’une bureaucratie complexe.

💡Faites entendre votre voix & faites-vous accompagner !

Consultation publique européenne : donnez votre avis !

La Commission européenne a lancé une consultation publique afin d’harmoniser les règles relatives aux registres nationaux de producteurs et aux déclarations REP dans l’ensemble de l’UE.

L’objectif ? Mettre fin au morcellement administratif et poser les bases de règles simplifiées et équitables pour toutes les entreprises.

👉 Participer à la consultation de la Commission européenne sur les registres des producteurs

Besoin d’un conseil personnalisé ?

Vous vous interrogez sur l’impact du PPWR sur votre commerce, vos emballages ou vos envois à l’étranger ? Vous souhaitez faire analyser la situation spécifique de votre entreprise ?

Nos experts sont à vos côtés pour vous guider, vous aider à vérifier la conformité de vos emballages et vous faire gagner du temps.

📧 Contactez le Service Environnement UCM : service.environnement@ucm.be

Site web : ucm.be/environnement

L'auteur.e de cet article

Silvia Dogà
Silvia Dogà
Conseillère au service d'Études et Plaidoyer d'UCM, je suis convaincue que la transition écologique ne se fera pas sans les entreprises : elle se jouera avec elles, au cœur de leurs réalités. C'est cette conviction qui guide mon travail au quotidien : promouvoir des pratiques durables et réalistes pour les indépendants et les PME, faire remonter leurs besoins concrets auprès des décideurs politiques, et défendre leurs intérêts pour que la transition se construise avec eux.
Silvia Dogà

Silvia Dogà

Conseillère au service d'Études et Plaidoyer d'UCM, je suis convaincue que la transition écologique ne se fera pas sans les entreprises : elle se jouera avec elles, au cœur de leurs réalités. C'est cette conviction qui guide mon travail au quotidien : promouvoir des pratiques durables et réalistes pour les indépendants et les PME, faire remonter leurs besoins concrets auprès des décideurs politiques, et défendre leurs intérêts pour que la transition se construise avec eux.

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