Et si vos travailleurs devenaient aussi actionnaires de votre entreprise ? L’actionnariat salarié permet à une entreprise d’ouvrir une partie de son capital à ses collaborateurs. Pour une PME, il peut constituer un outil intéressant pour fidéliser certains travailleurs ou préparer la transmission de l’entreprise. Mais le modèle n’est pas adapté à toutes les structures. Pour UCM, il doit rester volontaire, préserver la maîtrise de l’entrepreneur et correspondre à une véritable prise de risque du travailleur-actionnaire.
Fidéliser et impliquer davantage ses travailleurs
L’idée est simple : permettre à des travailleurs de détenir une partie du capital de l’entreprise qui les emploie. Ils deviennent alors à la fois salariés et actionnaires.
Pour l’entreprise, l’intérêt peut être concret. L’impliquer davantage certains travailleurs et fidéliser des profils clés. Un salarié qui investit dans son entreprise est directement intéressé à son développement et à sa création de valeur.
Plusieurs entreprises belges ont déjà franchi le pas. Chez Technord, 20% du capital a été ouvert aux collaborateurs. Lors du lancement du projet, plus de 60% des travailleurs concernés, soit 250 personnes, avaient choisi de devenir actionnaires.
Une étude UCM de 2012 soulignait déjà un autre intérêt. L’actionnariat peut aider les salariés à mieux comprendre les réalités et les préoccupations de l’entrepreneur.
Le Management Buy-Out : transmettre sa PME à ceux qui la connaissent
Les principes de l’actionnariat salarié peuvent répondre à un autre défi : la transmission de l’entreprise.
Lorsqu’un entrepreneur prépare son départ, faire progressivement entrer au capital certains travailleurs peut faciliter une reprise en interne. C’est la logique du Management Buy-Out. Permettre à l’équipe dirigeante ou à certains cadres de reprendre l’entreprise.
Pour une PME sans repreneur évident, cette piste peut permettre de maintenir l’activité et les compétences, avec des repreneurs qui connaissent déjà l’entreprise.

Une PME n’est pas une grande entreprise en miniature
Attention tout de même ! L’actionnariat salarié n’est pas une solution « prête à l’emploi ».
Une PME de dix travailleurs n’a ni la même structure ni les mêmes besoins qu’un grand groupe. La taille de l’entreprise, son capital, ses objectifs et surtout sa gouvernance doivent être pris en compte.
Pour une PME, ouvrir son capital ne peut signifier perdre la maîtrise de son entreprise. L’entrepreneur doit rester capable de prendre des décisions nécessaires à son développement. Ceci sans créer de situations de blocage. Il faut éviter de mélanger les rôles.
Devenir actionnaire, c’est aussi prendre un risque
L’actionnariat salarié ne doit pas devenir simplement un nouvel avantage salarial.
Pour UCM, la logique doit aller plus loin. Lorsqu’un travailleur devient actionnaire, il investit dans l’entreprise. Il peut bénéficier de sa création de valeur, mais accepte également le risque qui accompagne son investissement. La valeur de sa participation peut évoluer.
UCM privilégie donc une véritable prise de participation du travailleur plutôt qu’une distribution automatique d’actions. Salaire et capital répondent à deux logiques différentes et doivent le rester.
Un outil, pas une nouvelle contrainte pour les PME
Pour UCM, deux usages présentent donc un intérêt particulier. Fidéliser et impliquer certains travailleurs et préparer la transmission de la PME.
Mais le choix doit rester volontaire. L’entrepreneur doit conserver la maîtrise de son capital et de ses décisions. Le travailleur qui entre au capital doit réellement investir et accepter le risque qui va avec. Enfin, les règles doivent rester simples et adaptées à la taille de l’entreprise.
L’objectif n’est pas de généraliser l’actionnariat salarié. Il est de permettre aux PME qui y trouvent un intérêt de l’adapter à leur projet.
Associer davantage les travailleurs au projet entrepreneurial, oui. Transformer l’actionnariat salarié en nouvelle contrainte pour les PME, non.
