Plan fédéral d’économie circulaire : les 5 priorités d’UCM

L’Europe est à un tournant, à l’aube d’un véritable changement d’époque : notre modèle économique linéaire – extraire, produire, jeter – montre aujourd’hui ses limites. Pour les PME et les indépendants, cette transformation n’est pas un idéal lointain mais une nécessité économique concrète. Sans cadre cohérent, la Belgique risque de rater un virage stratégique majeur.

Les crises climatiques, énergétiques, sanitaires et géopolitiques ont mis en évidence la fragilité de nos chaînes de valeur et notre dépendance excessive aux importations de matières premières et d’énergie. Dans ce contexte, l’économie circulaire n’est pas seulement une réponse environnementale : elle représente une opportunité de compétitivité, de résilience et d’emplois locaux, en particulier pour les PME qui constituent le cœur de l’économie belge.

Ce message est clair pour UCM. Lors d’une consultation interne menée en octobre 2025, nos administrateurs et fédérations ont attribué un score supérieur à 9/10 au niveau d’ambition attendu pour les futures politiques en matière d’économie circulaire. Les PME sont prêtes à s’engager, à condition que les règles du jeu soient claires, cohérentes et économiquement viables.

Ce que vivent les PME sur le terrain

Les entrepreneurs le disent sans détour : choisir circulaire reste trop souvent le choix le plus coûteux et le plus complexe.

Sur le plan économique, le modèle linéaire est encore favorisé. Les matières vierges restent artificiellement bon marché, la fiscalité ne reflète pas les impacts environnementaux réels et les modèles d’affaires circulaires manquent d’incitants et de visibilité.

Sur le plan réglementaire, les PME font face à une mosaïque de règles. Définitions floues, absence de critères harmonisés pour la sortie du statut de déchet (c’est-à-dire la reconnaissance d’une matière comme ressource), différences de mise en œuvre entre États membres, et même entre régions belges : cette fragmentation du marché intérieur augmente les coûts et freine l’investissement.

S’y ajoutent des freins culturels : complexité administrative, manque d’information, disparition de savoir-faire et une commande publique encore trop peu mobilisée. Sans oublier les subventions persistantes aux énergies fossiles et les déséquilibres entre l’offre et la demande de matières secondaires.

Les 5 priorités d’UCM

1️⃣  Sans réforme fiscale, pas d’économie circulaire crédible

Pour UCM, la priorité est claire : créer des conditions de concurrence équitables. La TVA doit devenir un levier central, avec un taux réduit généralisé pour la réparation, le réemploi, la seconde main, les produits durables et réparables, les biens issus de matières recyclées et l’économie de la fonctionnalité.

UCM plaide également pour une réduction d’impôt sur les frais de réparation, une modulation des cotisations sociales en faveur du réemploi et une contribution équitable sur les produits non durables lorsqu’une alternative circulaire existe. L’objectif est simple : rendre le choix circulaire économiquement rationnel.

2️⃣ Agir sur toute l’échelle de Lansink (prévention, écoconception, réemploi), pas seulement sur les déchets

L’économie circulaire ne doit pas se limiter à la gestion de la fin de vie des produits. UCM plaide pour que les politiques publiques agissent dès la conception, en privilégiant la réduction, la réparation et la réutilisation. Cette approche globale est indispensable pour créer une véritable chaîne de valeur circulaire, créatrice d’emplois locaux et de résilience économique.

3️⃣ Harmoniser les règles

Les PME ont besoin de clarté. UCM demande l’harmonisation des définitions, la simplification des procédures d’autorisation et de contrôle, un cadre européen clair pour les matières secondaires et la reconnaissance mutuelle des labels et agréments régionaux. Moins de complexité, c’est plus d’adhésion et plus d’investissements.

4️⃣ Passer des intentions à une législation ambitieuse

Les incitants volontaires ne suffisent plus. UCM plaide pour une législation ambitieuse : élargissement de l’indice de réparabilité, lutte renforcée contre le greenwashing, contrôles accrus sur les produits importés, standardisation des emballages réemployables lorsque c’est possible, obligations de récupération pour certains matériaux critiques, encouragement de projets pilotes et passage d’une déduction majorée à un crédit d’impôt pour les investissements verts.

Une telle ambition réglementaire garantirait la confiance des consommateurs et la compétitivité des acteurs vertueux.

5️⃣ Faire des marchés publics un moteur de demande en produits et services circulaires

Les marchés publics peuvent créer une demande stable et visible. UCM demande l’introduction de clauses et de quotas favorisant le réemploi, la diffusion de cahiers des charges types intégrant des critères circulaires et la formation des acheteurs publics afin de faciliter l’accès des PME locales.

En conclusion…

Pour UCM, l’économie circulaire n’est pas un supplément écologique. C’est le socle l’évolution naturelle de notre économie.

Pour réussir, la Belgique a besoin d’un plan fédéral ambitieux, cohérent et stable pour faire de la circularité non plus une exception vertueuse, mais l’évidence économique du marché unique : telle est l’ambition que portent les indépendants et PME belges.

Antoine BERTRAND

Antoine BERTRAND

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