De la cohérence et des perspectives

Une fois de plus – une fois de trop? -, le Comité de concertation annonce des mesures et laisse, tout un week-end, des milliers d’hommes et de femmes dans l’incertitude… Ne serait-il pas temps de changer de méthode pour permettre l’adhésion/la compréhension des mesures ?

Vendredi soir. La Belgique retient son souffle. Devant leur poste de TV, commerçants, professions libérales, coiffeurs, esthéticiennes, salles de fitness, restaurateurs ,… Bref, les entrepreneurs, comme les autres citoyens, attendent les déclarations du Premier ministre. Comme les autres ? Vraiment ?

La principale question qu’ils se posent n’est pas de savoir combien de personnes ils pourront recevoir à Noël mais juste s’ils auront quelque chose à mettre sur la table. Punt. Nous ne sommes pas en train de parler du choix cornélien entre la dinde ou le gibier au réveillon mais de leur avenir. Vont-ils pouvoir travailler ? Vont-ils gagner de quoi payer leurs charges ?

Dès l’après-midi, les infos filtrent dans les médias. Les coiffeurs apprennent par voie de presse qu’ils ne rouvriront pas. Idem pour les autres métiers dits de contact. Mais aussi pour les cafetiers et les restaurateurs. Quelles sont leurs perspectives ? À ce stade, aucune info. On sait que ce sont les chiffres d’hospitalisation qui serviront de curseur pour la suite de la « stratégie de gestion du Covid-19 ». Le personnel hospitalier est à bout. On le comprend. Il ne tiendra pas face à une 3e vague. Malheureusement, il n’est plus le seul.          

Les commerçants non alimentaires, eux, pourront rouvrir. C’est clairement dit dans la conférence de presse officielle. C’est la seule information concernant les « professionnels » qui sera claire et communiquée dès le vendredi soir sur le site « info-coronavirus COVID-19 ». Pour le reste, ce lundi matin, il était encore indiqué : « le contenu de ces questions-réponses n’est pas encore adapté aux décisions de concertation du 27 novembre 2020. Nous travaillons à le mettre à jour ».

Entretemps, l’arrêté ministériel a été publié. Bien malin celui qui, à sa première lecture, peut dire si les car-washs peuvent rouvrir… Un détail ? Pas au bout de 9 mois de crise où ce sont toujours les mêmes questions que se posent les indépendants et les PME : puis-je travailler?

Cerise sur la gâteau, au sortir de la conférence de presse, le ministre fédéral de la Santé annonce, dans une interview, que la décision de fermer les commerces avait été prise pour “faire un choc”. Niveau choc, c’est réussi !

 

Laisser penser que l’on a empêché des milliers de personnes de travailler pour créer un “choc”, c’est intolérable. Et jette un doute, inutile à ce stade de lassitude, sur les raisons qui poussent aujourd’hui à maintenir fermés des secteurs qui, jusqu’ici, n’ont jamais été identifiés comme des lieux de clusters du virus.

Secteurs qui, pour rappel, ont, au sortir de la première vague, réalisé des investissements importants pour respecter et faire respecter les mesures sanitaires afin de protéger leur santé, celle de leur personnel, celle de leurs clients.

Il y a urgence à cesser de travailler à l’aveuglette : tous les secteurs doivent avoir des perspectives. Et pas le mois de février 2021 ! Tous les secteurs fermés (ou partiellement fermés) doivent connaître le montant de l’indemnité à laquelle ils auront droit et quand elle sera versée.

Aucune étude ne montre que les secteurs de la coiffure ou de l’esthétique sont à l’origine de foyers de contagion. Ces secteurs sont déjà, en temps normal, habitués respecter des mesures sanitaires. UCM demande leur réouverture au 15 décembre si les chiffres relatifs à l’épidémie continuent de baisser.

On a parlé d’une équipe de plus de 11 millions de Belges. Elle ne pourra atteindre ses objectifs qu’avec un staff d’entrainement à la hauteur : un capitaine qui impulse la stratégie, les moyens nécessaires pour faire face au choc économique et des soignants armés pour soigner.


UCM vous informe

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  • Pour les mesures spécifiques aux entrepreneur(e)s bruxellois(e)s, rendez-vous sur le 1819.
  • Pour les mesures spécifiques aux entrepreneur(e)s wallon(ne)s, rendez-vous sur le 1890.

About Isabelle Morgante

Chargée de Communication chez UCM depuis 2009 et aujourd'hui responsable de la communication digitale. Je veille à mettre en lumière le travail et l'expertise des conseillers du service d'études, toujours au service des entreprises wallonnes et bruxelloises.

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