Fin juillet, en pleine période de vacances estivales, les entreprises bruxelloises ont appris la suspension, dès le 12 août 2026, de plusieurs primes économiques dites de fonctionnement. Les primes ainsi suspendues concernent la formation, la consultance générale et liée à la transition économique, la cession-reprise, le recrutement et le coworking. Raison invoquée : le recentrage budgétaire visant à préserver les primes à l’investissement, dont les moyens disponibles étaient presque épuisés.
Cette nouvelle décision frappant directement le portefeuille des PME et TPE intervient quelques jours seulement après la suppression d’Activa.brussels pour les nouveaux engagements, effective depuis le 15 juillet.
Au-delà des arbitrages budgétaires, leur calendrier interpelle : annoncée au cœur de l’été, la suspension des primes a laissé moins de deux semaines aux entrepreneurs pour réagir, les plaçant devant le fait accompli pour beaucoup d’entre elles. Conséquence directe : des projets de développement, de recrutement et de formation mis en pause.
Des aides toujours accessibles, mais un soutien recentré
Le soutien économique bruxellois existe toujours, mais il s’est fortement recentré. Les TPE et PME peuvent encore bénéficier d’aides pour investir, se digitaliser, accéder à un financement, former un futur collaborateur ou engager leur transition environnementale. L’offre reste toutefois complexe, fragmentée et inégalement accessible.

Quelles aides restent accessibles aux PME et TPE bruxelloises ?
Au niveau des aides économiques disponibles auprès de Bruxelles Economie et Emploi (lien vers le site), les PME peuvent, notamment, encore solliciter la prime digitalisation ainsi que les primes dites d’investissement pour financer :
- les achat de matériels,
- les travaux de rénovation,
- l’acquisition immobilière,
- la transition économique,
- l’accessibilité des établissements
- ou encore la mobilité basse émission.
A côté de ces aides économiques, les PME et TPE bruxelloises ont également encore accès à d’autres dispositifs de soutien, tels que :
- les primes Lancement d’entreprise et Coopérative d’emploi,
- la validation des compétences,
- la formation professionnelle individuelle en entreprise pour former son futur collaborateur,
- ou encore l’indemnisation des commerces affectés par un chantier.
D’autres leviers proposés par finance&invest.brussels (prêt remboursables et garanties) viennent compléter cette offre ainsi que bien évidemment les aides prévues par le fédéral (cfr doc en pièce jointe).
Les outils existent donc toujours pour soutenir la création et la croissance des PME et TPE bruxelloises, mais leur accès dépend de nombreux critères, notamment la taille de l’entreprise, son secteur, son code NACE, la viabilité de son activité et la nature exacte de son projet.
Les TPE en première ligne
La suspension des aides décidées fin juillet ne constitue pas une simple mesure d’économie budgétaire : elle affecte directement plusieurs leviers essentiels du développement des PME et surtout des TPE bruxelloises.

Si toutes les aides supprimées n’ont pas le même poids économique ni le même impact sur le tissu entrepreneurial, certaines jouent un rôle structurant à des moments clés de la vie de l’entreprise : lancement de l’activité, recrutement, montée en compétences, transition ou transmission.
En effet, les TPE disposent rarement en interne des compétences nécessaires en stratégie, ressources humaines, transition ou transmission. Or, les aides suspendues leur permettaient précisément de mobiliser ponctuellement cette expertise, de former leur équipe, de préparer une reprise ou de franchir le cap d’un premier recrutement. Pour une microentreprise, quelques milliers d’euros peuvent déterminer la réalisation, le report ou l’abandon d’un projet.
La suppression d’Activa.brussels et la suspension de la prime au recrutement réduisent également les incitants à l’embauche, alors que le Gouvernement vise un taux d’emploi de 70 % d’ici la fin de la législature.
UCM a alerté sur les conséquences pour les PME et TPE de ces décisions dans les médias, notamment auprès de la RTBF, de BX1, dans l’Echo et Trends-Tendance. Conséquences qui vont dans le sens contraire des ambitions défendues par le Ministre dans son plan Brussels ALL.in pour soutenir l’économie et redéployer l’attractivité économique de Bruxelles.

Et demain ?
Dans le contexte budgétaire actuel, UCM partage l’objectif du ministre de l’Économie et de l’Emploi, Laurent Hublet, de réformer le dispositif des aides économiques afin de concentrer les moyens publics sur les aides les plus efficaces. Il s’est par ailleurs engagé à maintenir le budget actuel de 30 millions d’Euros, ce que nous saluons bien évidemment.
Demain, l’enjeu sera donc de garantir que chaque euro investi produise un maximum de valeur économique et sociétale pour les indépendants, les PME et la Région. Cela suppose de mieux cibler les aides selon leur effet incitatif, leur capacité à mobiliser l’investissement privé, leurs retombées sur l’activité économique et l’emploi, ainsi que leur contribution à la compétitivité, à la transition et à la pérennité du tissu entrepreneurial bruxellois. Cela implique aussi d’évaluer les résultats obtenus sur le terrain afin de limiter les effets d’aubaine que certaines primes pouvaient générer.
Par ailleurs, UCM défendra le renforcement de l’accessibilité à ce nouveau dispositif pour toutes les microentreprises, qui supportent proportionnellement des coûts administratifs, d’expertise et de conseil plus élevés.
Construire la réforme avec les acteurs de terrain
Cette réforme doit être coconstruite avec les entrepreneurs, leurs représentants et l’ensemble des acteurs de terrain. Leur expérience est indispensable pour identifier les aides qui produisent un véritable effet de levier, corriger les effets d’aubaine et concevoir un dispositif plus simple, plus efficace et mieux adapté aux réalités des TPE et PME. UCM entend être un partenaire constructif du Gouvernement dans cette réflexion, en formulant des propositions concrètes directement inspirées des besoins exprimés sur le terrain.
Cette co-construction doit s’inscrire dans un cadre stable et prévisible. Les entreprises peuvent comprendre l’urgence budgétaire, mais elles ne peuvent absorber indéfiniment des changements décidés presque du jour au lendemain. Elles ont besoin d’une trajectoire claire, de délais raisonnables et d’une véritable concertation.
La réforme du dispositif d’aides doit désormais permettre au ministre de concrétiser les ambitions défendues dans son plan Brussels All.In, en proposant des mesures ciblées, efficaces et accessibles pour soutenir les indépendants, les TPE et les PME bruxelloises. UCM est prête à contribuer activement à ce chantier afin que Bruxelles puisse rationaliser ses moyens tout en restant attractive pour celles et ceux qui y entreprennent, investissent et créent de l’emploi au quotidien.
