Bonne nouvelle… et signal d’alarme à la fois. Si le volet transport de la déduction pour investissement majorée à 40 % est enfin opérationnel, les volets énergie et environnement restent administrativement bloqués au moment précis où les PME en auraient le plus besoin. Une situation paradoxale, alors même que les entreprises sont prêtes à investir pour réduire leur dépendance énergétique et sécuriser leurs coûts dans la durée.
Ce que couvre concrètement la déduction à 40 % dans le transport
La réforme fédérale de la déduction pour investissement permet aux indépendants et aux PME de déduire jusqu’à 40 % du montant de certains investissements durables.
Si les volets « énergie » et « environnement » restent encore bloqués administrativement, le volet « transport », lui, est désormais pleinement opérationnel.
Sont notamment concernés :
- l’acquisition de véhicules utilitaires ou de transport de marchandises zéro émission ;
- les bus et autocars à émission nulle ;
- les solutions de mobilité active et de cyclo-logistique à usage professionnel ;
- les équipements directement liés à ces usages (accessoires logistiques, remorques, etc.).
Ces investissements doivent porter sur des véhicules neufs, sans émission de CO₂ à l’échappement, et répondre aux critères fixés par le SPF Mobilité. Les attestations nécessaires peuvent désormais être délivrées depuis ce 1er avril 2026, rendant la déduction effectivement mobilisable. Les investissements réalisés en 2025 restent par ailleurs éligibles, le délai de demande des attestations ayant été prolongé.

Un outil clé pour réduire la dépendance aux énergies fossiles
Même si la déduction pour investissement ne réglera pas tous les problèmes, cette avancée tombe à point nommé. La crise énergétique a mis en lumière la vulnérabilité structurelle des PME face aux chocs pétroliers et aux tensions géopolitiques. Le transport reste l’un des postes les plus exposés.
Investir dans des solutions zéro émission permet aux PME de réduire leur exposition aux fluctuations pétrolières, de stabiliser leurs coûts et de renforcer leur autonomie stratégique
En parallèle des aides régionales existantes, la déduction à 40 % joue ici un rôle d’accélérateur, en améliorant significativement la rentabilité de ces investissements.

UCM appelle à débloquer sans délai les volets énergie et environnement
Alors que les investissements liés au transport peuvent enfin bénéficier de la déduction majorée, les investissements pourtant essentiels en matière d’énergie et d’environnement restent bloqués depuis mai 2024.
Isolation des bâtiments, pompes à chaleur, électrification des procédés : les projets existent, les besoins sont criants. Pourtant, les PME ne peuvent toujours pas accéder à cet incitant fiscal, faute de formulaires et d’attestations opérationnels au niveau régional.
Pour UCM, le message est clair : si les pouvoirs publics veulent réellement soutenir la décarbonation des PME, il est urgent de débloquer ces mécanismes administratifs.
La déduction pour investissement à 40 % est un excellent instrument. Elle fonctionne aujourd’hui pour le transport. Elle doit, sans délai, fonctionner aussi pour l’énergie et l’environnement.
Dans un contexte de crise énergétique structurelle, chaque mois de retard affaiblit la résilience des PME, retarde leur décarbonation et freine leur autonomie stratégique.
| Les PME peuvent d’ores et déjà activer la déduction pour leurs investissements dans le transport durable en consultant les conditions et procédures sur le site du SPF Mobilité : https://mobilit.belgium.be/fr/route/deduction-pour-investissement-pour-le-transport-par-route |
