Le 11 juin dernier, le Gouvernement bruxellois et les interlocuteurs sociaux se sont réunis dans le cadre du sommet social, moment clé de concertation en début de législature. À la clé : une feuille de route commune et des priorités partagées pour les années à venir. Pour UCM, au‑delà des intentions, l’enjeu est désormais clair : obtenir des résultats concrets pour les PME et les indépendants.

Un moment structurant pour la législature
Le sommet social bruxellois constitue un rendez-vous politique central, organisé dans le cadre du Comité bruxellois de concertation économique et sociale (CBCES). Il réunit le Gouvernement, les organisations patronales et les organisations syndicales autour d’un objectif commun : définir les grandes orientations socio-économiques de la législature et formaliser des engagements partagés.
L’édition 2026 a abouti à un accord autour de plusieurs priorités dites “partagées”, c’est-à-dire validées conjointement par les trois partenaires et appelées à structurer les politiques publiques dans les années à venir.
Des priorités ambitieuses… mais sous surveillance
Au menu des discussions de cette année, 17 priorités partagées allant de la mobilité, à l’emploi en passant par l’attractivité économique, la réforme de l’urbanisme ou encore la politique social-santé.
Si ces 17 priorités définies lors du sommet social couvrent des champs essentiels, leur réussite dépendra de leur mise en œuvre concrète.
En effet, l’enjeu n’est pas seulement d’inscrire des orientations dans un accord, mais de :
- les traduire en mesures opérationnelles
- assurer leur cohérence
- et garantir leur accessibilité pour les PME.
Attractivité et transition : renforcer l’existant plutôt que courir après le nouveau
Au cœur des discussions, UCM a porté un message clair : l’attractivité de Bruxelles ne peut se construire sans une consolidation du tissu économique existant. Avec plus de 140.000 PME et indépendants, la Région repose avant tout sur un maillage dense de petites entreprises locales, créatrices d’emplois et de cohésion sociale.
Or, ce tissu est sous pression. Difficulté d’accès au foncier et son coût, contraintes de mobilité, fiscalité croissante, accumulation de normes ou encore défis de recrutement fragilisent le maintien et le développement des activités économiques à Bruxelles. Face à ce constat, UCM défend une approche pragmatique :
- renforcer les entreprises déjà implantées
- préserver des espaces économiques accessibles
- garantir des retombées durables pour l’économie locale.
En outre, nous avons insisté sur le lien entre cette approche et les politiques de transition économique avec en filigrane l’objectif de décarbonation totale de l’activité économique à l’horizon 2050. Si l’objectif de décarbonation est soutenu par tous, les politiques doivent être renforcées et adaptées si besoin. Sans oublier l’absolue nécessité de prévoir un accompagnement adapté aux capacités des micro structures, sous peine de fragiliser davantage le tissu existant.
Mobilité : un point de blocage majeur pour l’économie bruxelloise
La mobilité s’est également imposée comme un enjeu transversal de premier plan, en particulier pour les PME, TPE et indépendants. Elle conditionne l’accès à l’emploi, le fonctionnement des entreprises et l’attractivité globale de la Région.
Pourtant, le constat est largement partagé sur le terrain : la mobilité bruxelloise reste aujourd’hui insuffisamment adaptée aux besoins économiques, en particulier pour les déplacements professionnels, les livraisons ou la logistique urbaine. Cette situation pèse directement sur l’activité et la rentabilité des PME.

Dans ce contexte, nous avons eu l’occasion d’appeler le Gouvernement à :
- une évaluation renforcée du plan régional de mobilité, intégrant son impact économique réel
- une meilleure prise en compte des usages professionnels
- une coordination accrue avec les autres Régions, indispensable pour une métropole ouverte
Sans oublier de les alerter sur la nécessité de garantir l’accessibilité des zones d’activité économique, condition essentielle pour soutenir le redéploiement industriel et économique de Bruxelles.
Emploi : une réforme des aides à l’embauche sous tension
Parmi les priorités du sommet social, la réforme des aides à l’embauche suscite une attention particulière. La suppression, dès juillet 2026, des dispositifs Activa et réductions ONSS pour les travailleurs âgés constitue une rupture majeure. Or, ils ont démontré leur utilité pour soutenir l’emploi et les PME. Le futur dispositif annoncé pour 2027, doté de moyens nettement réduits, soulève déjà des interrogations quant à son efficacité.
Pour UCM, l’enjeu est clair : il faut un mécanisme réellement incitatif, capable de réduire concrètement le risque lié à l’embauche pour les PME, en particulier les plus petites. Cela passe par un dispositif simple, lisible et adapté aux réalités du terrain. Sans cela, le risque est de fragiliser un levier essentiel de mise à l’emploi.

Récemment, nous avons obtenu que la Région revoit sa copie en prévoyant des mesures transitoires pour les dispositifs Activa. Nous continuerons de peser sur le débat pour que ce nouveau dispositif soit calibré pour soutenir les PME et TPE qui sans ces aides ne peuvent prendre le risque d’engager du personnel.
Aides économiques : un recalibrage indispensable dans un contexte budgétaire contraint
Enfin, dans la liste des priorités partagées figurent également les aides économiques. Dans un contexte budgétaire sous forte pression, l’enjeu n’est pas uniquement de maintenir des dispositifs, mais de mieux les cibler et d’en renforcer l’efficacité réelle pour les PME et TPE. Plusieurs constats s’imposent déjà : certaines aides restent sous-utilisées, d’autres sont mal calibrées ou insuffisamment incitatives, et la complexité administrative continue de freiner leur accès pour les petites structures.
Pour UCM, la priorité est donc double :
- rationaliser les dispositifs existants tout en les recentrant sur leur objectif premier, à savoir soutenir l’expansion économique, l’investissement et la création d’emplois locale;
- et garantir une accessibilité réelle pour les micro et petites entreprises.
Cela implique des choix clairs : simplification des procédures, meilleure lisibilité, ciblage plus strict des bénéficiaires, et articulation cohérente entre les différentes aides.
Next steps : un test grandeur nature dans les comités de pilotage
Le sommet social 2026 a ainsi posé un cadre et affiché des ambitions. Pour UCM, une étape est franchie — mais l’essentiel reste à venir.
La suite se jouera dans les comités de pilotage thématiques, chargés de concrétiser les priorités définies. Ces espaces seront déterminants, mais aussi révélateurs de la capacité du système à produire des résultats.
Pour UCM, il s’agira d’un véritable test de crédibilité. Nous y serons pleinement mobilités pour défendre les PME, les TPE et les indépendants bruxellois et éviter que les engagements pris ne se diluent dans des processus longs ou peu opérationnels.
La crédibilité de cet exercice se mesurera à une seule chose : la capacité des pouvoirs publics à transformer ces engagements en résultats concrets pour les PME et les indépendants, au travers de mesures lisibles, simples et réellement activables pour les PME, TPE et indépendants bruxellois.
Sans cela, le risque est réel de voir se creuser, une fois de plus, l’écart entre les intentions politiques et la réalité vécue sur le terrain.
