Paiements électroniques et cash : non à une double obligation !

Alors que tous les commerçants vont devoir proposer un moyen de paiement électronique d’ici juillet, une seconde obligation est sur la table du gouvernement. Celle de devoir également accepter les paiements en espèce.

Cette proposition du Ministre de l’Economie, Pierre-Yves Dermagne, cadenasse les entrepreneurs de tous les côtés et réduit leur liberté de choix à néant.

UCM appelle le Ministre à revoir sa feuille de route en tenant compte de la réalité de terrain. Plusieurs éléments à l’appui.

Des garanties nécessaires pour accompagner l’obligation de paiement électronique

Les paiements électroniques font partie d’une évolution sociétale que l’on ne peut nier. Avec la crise covid, beaucoup de méthodes de paiement se sont développées et les possibilités sont nombreuses. UCM avait toutefois demandé à ce que la possibilité de payer en cash soit maintenue.

Transformer cette possibilité en contrainte n’est pourtant pas envisageable dans le chef des indépendants et PME. Les contraindre à offrir un moyen de paiement électronique d’une part, et à accepter le cash d’autre part, c’est une double obligation qui nie la liberté d’entreprise.

Nous avions aussi demandé à ce que la notion d’outil de paiement électronique soit comprise au sens large, donc en incluant les paiements digitaux et les virements instantanés. Le marché évolue, en effet, à toute vitesse à ce niveau avec des innovations régulières.

Réduire les coûts et obligations administratives

Un effort est attendu de la part de tous les acteurs de la chaîne de paiements pour davantage de transparence et une diminution des coûts des paiements électroniques.

Le gouvernement se doit aussi de prévoir un soutien financier adéquat pour la location et l’achat de terminaux. Une déduction fiscale serait la bienvenue.

Mais le cash aussi coûte du temps et de l’argent !

Une gestion de caisse adéquate, un dépôt à la banque via un transport de fonds pris en charge par une société spécialisée sont autant d’éléments qui engendrent des frais pour les commerçants. En outre, le nombre d’agences bancaires et de distributeurs automatiques diminue considérablement.

Instaurer une double obligation entraînerait une démultiplication de ces coûts et autres démarches administratives.

Libre choix dans un marché suffisamment large

L’aspect sécurité importe aussi beaucoup. En n’acceptant pas d’argent liquide, le risque de vol ou de cambriolage diminue fortement. C’est un argument que beaucoup de commerçants nous opposent dans certains quartiers.

Le type d’activités ainsi que le type de clientèle font à leur tour varier la nécessité de maintenir des paiements en argent comptant : sur base des produits et services vendus/rendus ainsi que sur base de la demande des consommateurs.

Le marché est de toute façon assez large (suffisamment de magasins acceptent de l’argent liquide) que pour laisser aux commerçants le choix des méthodes de paiement en fonction des considérations ci-dessus.

De plus en plus de commerçants revendiquent même leur identité « cash-less ».

Un message des autorités brouillé : vers quelle tendance se diriger ?

Le Ministre Van Petgehem explique vouloir réduire drastiquement les paiements en espèce au travers de la loi obligeant les paiements électroniques à tous les commerçants.

De plus, l’Etat a déjà pris les devants en matière de digitalisation. Dans de nombreuses administrations (maisons communales, bibliothèques, parcmètres, etc), seuls les paiements électroniques sont désormais possibles.

UCM demande aux différents membres du gouvernements de rester cohérents afin d’envoyer un signal clair à tous les acteurs économiques.

Vous l’aurez compris, imposer aux entreprises d’accepter les paiements en cash en plus de proposer de payer électroniquement, c’est doublement non !

L'auteur.e de cet article

Daphné Sior
Convaincue que « le meilleur moyen de prévoir le futur, c’est de le créer », je m’intéresse naturellement aux entrepreneurs, créateurs de valeur dans un monde qui bouge sans cesse.
En tant que conseillère au sein du Service d’Etudes et de Lobby, et principalement en charge des matières économiques, j’agis en faveur d’un environnement favorable et d’un soutien (financement et accompagnement) efficace à nos PME !

2 thoughts on “Paiements électroniques et cash : non à une double obligation !

  1. Bonjour, je suis psychanalyste. Est-ce que le fait de donner la possibilité de payer par virement une consultation contre facturation dans le cadre d’une pratique de soin libérale peut être considéré comme une option de moyen électronique? merci de votre réponse.

  2. Bonjour. En effet, la notion de paiement électronique est comprise au sens large et le virement faisant suite à une facturation est bien inclus. Vous pouvez donc procéder de la sorte (facture puis virement du client) dans le cadre de vos prestations. Bien à vous

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

Share via
Copy link
Powered by Social Snap