Les ministres européens de l’Environnement ont fixé un cap qui semble ambitieux : –85 % d’émissions de gaz à effet de serre d’ici 2040. Derrière ce chiffre qui sera présenté à la COP 30, il y a néanmoins beaucoup d’incertitudes pour les PME, leur trajet de transition, leur compétitivité. Ces impacts sur les PME , on en parle ?
Mercredi matin, les ministres européens de l’Environnement ont finalement trouvé un compromis sur l’objectif climatique de l’Union européenne pour 2040 : une réduction nette de 90 % des émissions de gaz à effet de serre par rapport à 1990. Derrière ce chiffre ambitieux se cachent toutefois de nombreuses flexibilités et concessions, notamment la possibilité pour les États membres d’acheter jusqu’à 5 % de crédits carbone à l’étranger, diluant ainsi l’effort réel de décarbonation en Europe à 85 %.
À court terme, cela peut sembler une bonne nouvelle et une contrainte en moins pour les entreprises, mais il faut souligner plusieurs points d’attention.
Quel plan de transition pour respecter l’Accord de Paris ?

La nouvelle fourchette de réduction des émissions pour 2035 (–66,25 % à –72,5 %) n’est pas alignée sur les recommandations scientifiques, ni sur l’Accord de Paris pour lequel notre pays s’est pourtant engagé.
Une décision qui entretient l’incertitude
Le report d’un an de l’ETS2 (marché du carbone pour le chauffage des bâtiments et les carburants routiers) et l’absence d’une trajectoire précise pour 2035 laissent les entreprises dans le flou quant à la planification de leurs investissements et à la visibilité sur les futures obligations climatiques.
Le vrai enjeu n’est pas de repousser l’application, mais d’assurer une mise en œuvre juste et prévisible, avec des compensations ciblées pour les micro-entreprises.
Suite à l’abstention de la Belgique au Conseil, UCM se questionne donc sur la réelle intention des gouvernements belges à atteindre ces objectifs et des mesures qui seront mises en place pour aider les PME dans cette transition.

Compétitivité à long terme du tissu économique et autonomie stratégique
Si l’UE et la Belgique reculent sur les décisions nécessaires, comment garantir la compétitivité et la résilience de notre économie ? Les compromis concédés affaiblissent la position européenne et risquent de détourner les investissements de la transition écologique et industrielle, alors que la concurrence internationale s’intensifie, notamment avec la Chine.
En conclusion, pour UCM, les décisions prises aujourd’hui ne doivent pas compromettre la compétitivité et la durabilité de notre tissu économique de demain. Chaque année de retard complique l’atteinte des objectifs climatiques et reporte les bénéfices économiques d’une transition bien gérée.
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Cet article a été co-écrit par Antoine BERTRAND et Silvia DOGÀ
L'auteur.e de cet article
- Conseillère Service d’Etudes et Plaidoyer, je me passionne pour la transition durable des entreprises. Mon objectif est de promouvoir des pratiques durables, remonter les besoins des entreprises au politique et défendre les intérêts des entrepreneurs. La responsabilité sociale des entreprises (RSE) et les critères ESG sont au cœur de mon engagement.
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