UCM et l’UNIZO ont rencontré une délégation composée d’une vingtaine de représentants de la Commission européenne. Cette réunion a eu lieu dans le cadre du programme d’évaluation régulière des politiques publiques des États membres par la Commission. En jargon eurocrate on appelle cela le « semestre européen ».
Cet échange a permis de mettre en avant la réalité des PME et des indépendants belges, leurs priorités et les leviers d’action nécessaires pour soutenir durablement leur développement. Une rencontre qui confirme l’importance d’un dialogue direct entre les acteurs de terrain et les institutions européennes, à un moment clé pour l’évaluation des politiques publiques fédérales et régionales.
Emploi et pénuries de main-d’œuvre : des avancées à consolider
Plusieurs réformes récentes vont dans le bon sens et ont suscité un vif intérêt de la part des fonctionnaires européens, notamment :
- La décision relative à l’indexation des salaires (indexation plafonnée qui ne va pas sans poser des questions ) ;
- La réintroduction de la période d’essai, plutôt pertinente pour réduire le risque à l’embauche (en particulier pour les demandeurs d’emploi de longue durée) ;
Le maintien, malgré les contraintes budgétaires, de réductions de cotisations patronales pour les cinq premières embauches.
La question de la distinction entre ouvriers et employés a également été abordée. Le constat est partagé : cette différenciation n’a plus de réelle justification. Pour autant, une évolution vers un régime unique soulève encore de nombreuses questions techniques. Notamment en matière de salaire garanti. UCM plaide pour un alignement de l’ensemble des salariés sur le régime des ouvriers, une position qui suscite le débat… C’est le moins que l’on puisse dire.
Plus largement, les pénuries de main-d’œuvre restent un frein majeur pour les PME. UCM insiste sur la nécessité de :
- Simplifier les outils visant à rendre le marché du travail plus inclusif, notamment pour les personnes en situation de handicap ;
- Renforcer les mécanismes qui sécurisent l’embauche, afin de limiter les risques pour les employeurs.
- Améliorer les mécanismes de formation pour les salariés, avec un coût et une administration allégée pour l’employeur.

Simplification administrative : un levier immédiat pour les PME
La charge administrative demeure l’un des principaux obstacles au développement des PME. Les procédures restent souvent longues, complexes et variables d’une Région à l’autre, mobilisant des ressources que les petites structures n’ont pas.
Une simplification effective permettrait aux entrepreneurs de se recentrer sur leur activité, l’innovation, les transitions et la création d’emplois.
Le plan PME de la ministre Simonet, qu’UCM a largement salué pour ses ambitions positives, constitue une étape importante. Sa mise en œuvre concrète – que nous espérons rapide – nécessitera toutefois des discussions approfondies au plus haut niveau politique.

Fiscalité : des réformes engagées, mais encore insuffisantes
Malgré plusieurs chantiers socio-économiques positifs, l’environnement fiscal reste perçu comme lourd et peu lisible par les PME :
- Charge fiscale élevée sur le travail,
- Manque de prévisibilité.
La réforme fiscale n’a pas encore produit tous les effets attendus en matière de compétitivité. Par ailleurs, les dispositifs fiscaux actuels soutiennent surtout les premières phases de croissance, mais restent trop fragmentés et parfois contre-productifs.
UCM appelle à des mécanismes plus cohérents, mieux lissés dans le temps, et orientés vers la croissance durable des entreprises.

Environnement et énergie : manque d’ambition pour réussir la transition avec les PME
La transition énergétique représente un défi majeur, mais surtout une opportunité pour les PME. Paradoxalement, les ambitions de la majorité ARIZONA restent toutefois beaucoup trop modestes sur ce plan, voir absentes.
Quant aux PME, elles continuent de faire face à des prix de l’énergie élevés et volatils (en particulier pour l’électricité) qui freinent l’électrification, pourtant essentielle à la décarbonation.
UCM défend une approche équilibrée, fondée sur :
- Un rééquilibrage sur la fiscalité des sources d’énergie. Avec notamment une baisse des accises sur l’électricité qui fait partie de la déclaration de politique générale de la majorité,
- Des investissements renforcés dans les réseaux. Soulignons ici l’importance de la boucle du Hainaut comme élément structurant fondamental de notre politique énergétique et économique,
- La nécessaire sortie progressive des subventions aux combustibles fossiles doit être prévisible, planifiée et accompagnée pour les quelques secteurs sans alternatives actuelles crédibles.
En matière d’environnement, nous avons également eu l’occasion de souligner que l’inaction a un coût tout à fait colossal pour notre économie. Il a été récemment évalué par le CERAC et le Bureau du Plan à plusieurs dizaines de milliards d’euros par an pour la Belgique, pouvant atteindre jusqu’à 5 % du PIB à l’horizon 2050.
