Activa 2.0 : le terrain à la rencontre du Ministre Hublet

Recruter est une opportunité de développement. Mais pour une petite entreprise, c’est aussi un coût, un investissement dans la formation et une prise de risque. C’est cette réalité qu’une vingtaine de chefs d’entreprise bruxellois ont récemment partagée avec Laurent Hublet, ministre bruxellois de l’Économie et de l’Emploi. Une rencontre organisée par UCM Bruxelles chez un de ses membres, la brasserie Co-op La Bagarre. Objectif : donner la parole à nos membres pour permettre au ministre d’entendre directement leurs besoins et d’échanger sur les réponses qui peuvent y être apportées. Il y a évidemment été question d’Activa, au moment où la Région prépare sa réforme des aides à l’embauche.

À Bruxelles, le défi est d’abord celui du premier emploi

Bruxelles est une Région de petites entreprises. Selon le Rapport-PME-2025, elle comptait 140.955 PME en 2024 et 91,9 % d’entre elles n’avaient aucun salarié.

Rapport PME 2025

Pour UCM, c’est là que se situe une partie du potentiel de création d’emplois. Il faut aider davantage de TPE à devenir employeuses. Et permettre aux petites entreprises qui recrutent déjà de continuer à le faire. Car pour une TPE, chaque engagement compte. Ainsi que l’ont fait remonter les participants à notre table ronde, le coût et le risque associés à une embauche peuvent suffire à reporter, voire abandonner, un recrutement et ce, même si le potentiel de croissance économique est présent.

Activa 2.0 : concentrer les moyens là où ils peuvent déclencher l’embauche

La table ronde a permis d’échanger concrètement sur le futur dispositif appelé à remplacer Activa. Le Ministre Hublet a confirmé les contours du nouveau dispositif. Une aide simplifiée, ciblée principalement sur les chercheurs d’emploi peu ou moyennement qualifiés et certaines personnes davantage éloignées du marché du travail.

Pour UCM, cette réforme va dans le bon sens et répond à plusieurs demandes que nous formulions. Le nouveau dispositif doit avant tout devenir un véritable déclencheur d’embauche.

Les QUATRES priorités pour le nouveau dispositif

  • Un budget suffisant. Le nouveau dispositif doit disposer de moyens à la hauteur de l’ambition en matière de création d’emplois. Les moyens actuellement prévus pour ce dispositif ne sont pas suffisants. L’enveloppe serait en effet réduite à un quart des moyens qui existaient pour Activa et les réductions groupe cible travailleurs âgés. Pour UCM, ce budget doit être augmenter.
  • Des moyens dirigés là où ils ont le plus d’impact. Les PME et TPE doivent être au cœur du dispositif. En effet, c’est précisément dans ces entreprises que l’aide peut permettre de franchir le cap du recrutement. A cet égard, UCM plaide pour un plafonnement des aides. Objectif : éviter qu’une part disproportionnée du budget ne soit captée par quelques grands acteurs.
  • Des conditions d’accès réalistes. Les conditions liées à la durée du contrat doivent rester compatibles avec la réalité des PME. Imposer un engagement trop long risquerait de décourager certains recrutements. Un CDD de 12 mois minimum apparaît comme un équilibre envisageable, si le niveau de l’aide compense suffisamment le risque pris par l’employeur.
  • Un dispositif plus simple et direct. Le nouveau dispositif doit aussi être synonyme de simplification : paiement direct de l’aide par Actiris à l’employeur, meilleur suivi des bénéficiaires et contrôle renforcé pour prévenir les abus.

Les discussions ont également rappelé que l’aide ne sert pas uniquement à financer une embauche. Elle permet avant tout à l’entreprise d’absorber le coût d’une période de formation importante avant que le nouveau travailleur ne soit pleinement opérationnel.

Réformer Activa ne peut donc pas se résumer à réduire son coût. Chaque euro disponible doit être orienté là où il peut réellement déclencher et pérenniser une embauche.

Derrière une aide à l’emploi, il y a une entreprise qui prend un risque

L’ancien dispositif Activa permettait à une entreprise de prendre le risque d’engager et de former une personne plus éloignée du marché du travail. Sa suppression pèse donc directement sur les décisions de recrutement, mais aussi de maintien dans l’emploi. Les témoignages sont parlants. La perte de l’aide représente environ 6.000 € de coûts supplémentaires par an pour un restaurant. On va même jusqu’à 60.000 € pour une entreprise de taxis employant vingt travailleurs.

Pour UCM, ces impacts doivent être pleinement intégrés dans l’évaluation de la réforme. Une économie pour la Région ne peut pas se traduire par un frein à l’embauche ou au maintien pour les entreprises. Simplifier et mieux cibler les aides est nécessaire, mais leur efficacité doit avant tout se mesurer à leur capacité à déclencher et maintenir des emplois, en particulier pour les publics les plus éloignés du marché du travail. C’est d’autant plus essentiel que le Gouvernement bruxellois s’est fixé l’objectif d’atteindre un taux d’emploi de 70 % à l’horizon 2029.

Les aides régionales ne régleront toutefois pas tout

Le nouveau dispositif régional peut réduire le risque associé à une embauche. Mais les aides régionales ne peuvent pas, à elles seules, résoudre les difficultés rencontrées par les employeurs.

Ainsi que l’ont rappelé à l’unanimité les participants à cette table ronde, le coût global du travail, qui dépend largement du niveau fédéral, reste un frein majeur au recrutement.

Les aides doivent également s’inscrire dans une réponse plus large aux pénuries de main-d’œuvre. Cela passe par un renforcement de la formation, notamment en entreprise. On peut aussi citer une meilleure valorisation des métiers techniques, manuels et artisanaux. Ces métiers trop souvent délaissés alors que les entreprises peinent à recruter. Rapprocher davantage la formation des besoins réels des employeurs et redonner de l’attractivité à ces métiers sont indispensables pour répondre durablement aux besoins de main-d’œuvre.

Il Il faut donc agir sur plusieurs fronts : des aides régionales mieux ciblées, davantage de formation et de valorisation des métiers en pénurie. Il faut aussi aussi une réduction structurelle du coût de l’emploi.

UCM échange avec le Ministre Laurent Hublet sur la réforme Activa 2.0 lors d’une table ronde à Bruxelles

Éviter le vide : des emplois sont en jeu

Merci au Ministre Hublet pour ces échanges constructifs et pour avoir pris le temps d’écouter les PME et TPE. Mais il y a URGENCE. Les aides actuelles prennent fin le 31 décembre 2026 et les entreprises manquent encore de visibilité sur la suite. Or, des emplois sont en jeu. Il s’agit de recrutements futurs ou du maintien d’emplois coûteux pour les PME et TPE. Notre demande est claire. Il faut rapidement sécuriser la transition et mettre rapidement en place un dispositif suffisamment financé, ciblé sur les petites entreprises et réellement capable de déclencher et maintenir l’emploi.

Julie Lambotte

Julie Lambotte

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