Incitants à l’embauche à Bruxelles : l’enjeu n’est plus le budget, mais l’impact

Le budget « emploi » 2026 marque une nouvelle étape pour les incitants à l’embauche à Bruxelles. Réductions budgétaires et réforme annoncée des dispositifs existants : des choix sont désormais actés. L’enjeu est à présent de réussir la transition vers un nouveau cadre d’aides à l’emploi, capable de soutenir efficacement les PME – et en particulier les micro-entreprises – tout en contribuant à l’objectif régional de 70 % de taux d’emploi à l’horizon 2029.

Vendredi dernier, le Parlement bruxellois a voté le budget présenté par le Gouvernement Dilliès, mettant fin (enfin) au système des 12èmes provisoires. Dans un contexte de contraintes budgétaires, l’ambition est de ramener le déficit à moins de 1 milliard pour 2026.

« Dans ce cadre, 80 % de l’effort sera réalisé via la maîtrise structurelle des dépenses et la conduite de réformes visant à rationaliser et à renforcer l’efficacité des pouvoirs publics, tandis que les 20% restants seront liés à l’optimisation des recettes fiscales. » – extrait de la DPR

Le volet « emploi » de ce budget 2026 contient plusieurs ajustements qui concernent directement les PME :

  • une diminution de 15 millions d’euros sur un budget total de 30 millions sur les aides Activa,
  • la fin des réductions de cotisations ONSS pour les travailleurs âgés (environ 10 millions d’euros)

Activa et réduction ONSS travailleurs âgés : un cadre budgétaire resserré, un besoin de clarté pour les employeurs

La première coupe significative concerne les aides Activa, dont le budget est divisé par deux. Ce dispositif constitue pourtant un levier central pour faciliter l’embauche de publics éloignés de l’emploi, en compensant partiellement le coût salarial pour les employeurs. Pour de nombreuses PME bruxelloises, souvent plus exposées aux risques liés à un recrutement, ces aides jouent un rôle déterminant dans la décision d’embaucher.

Par ailleurs, la suppression des réductions de cotisations ONSS pour les travailleurs âgés implique une adaptation immédiate pour les employeurs concernés. Ce changement intervient alors que de nombreuses PME valorisent l’expérience et la stabilité des profils seniors, notamment dans les métiers où la transmission des compétences est déterminante.

En pratique, la diminution du budget consacré à ces deux dispositifs signifie un renchérissement du coût du travail pour les PME, au moment même où elles font face à une hausse des charges, à des difficultés de recrutement persistantes et à une conjoncture économique incertaine. Le risque est clair : moins d’embauches, en particulier pour les profils nécessitant un soutien renforcé.

Un cap politique ambitieux : réussir la trajectoire vers 70% de taux d’emploi en 2029

Ces décisions budgétaires en matière d’emploi doivent aussi être lues à l’aune de l’objectif régional. Dans la Déclaration de politique régionale, le gouvernement Dilliès s’est engagé à atteindre un taux d’emploi de 70 % d’ici 2029, alors que Bruxelles se situe aujourd’hui à un peu moins de 65 %. Dans ce contexte, la question centrale devient celle de l’efficacité : comment garantir que, malgré des moyens plus contraints, les instruments d’aide à l’embauche restent suffisamment ciblés, praticables et orientés résultats ?

Un nouveau dispositif à construire au plus près des réalités des PME

La réduction des budgets ainsi votée ne signifie pas la disparition pure et simple des dispositifs d’aides à l’embauche. Elle ouvre plutôt la voie à une réforme de ces mécanismes, dans le cadre d’une enveloppe fermée et désormais réduite de 25 millions. L’enjeu est donc maintenant moins budgétaire que structurel : il s’agit de redéfinir des instruments capables de produire un impact réel sur la mise à l’emploi, malgré des moyens plus contraints.

Dans cette perspective, à l’instar de l’approche retenue en Région wallonne, UCM plaide pour une mise en œuvre particulièrement claire qui tienne compte :

  • d’une part, des publics visés,
  • d’autre part, de la taille des entreprises pouvant bénéficier de ces dispositifs.

A cet égard, nous insistons pour une accessibilité simplifiée de nouveaux incitants à l’embauche pour les PME et, en particulier pour les micro-entreprises.

Par ailleurs, UCM sera particulièrement attentif aux modalités de phasing out des dispositifs actuels. La transition vers le futur système devra offrir aux employeurs des repères clairs, tant en termes de calendrier que de conditions d’application, afin d’éviter toute rupture préjudiciable pour les entreprises qui ont recruté en s’appuyant sur les aides existantes.

Construire une réforme efficace au service de l’emploi

UCM prend acte des choix budgétaires arrêtés par le gouvernement Dilliès et aborde désormais cette nouvelle phase avec un objectif clair : contribuer activement à la réussite de la réforme des aides à l’emploi annoncée par le ministre Hublet. La contrainte budgétaire impose aujourd’hui un changement de logique : l’efficacité des dispositifs, leur simplicité et leur adéquation aux réalités du terrain seront déterminantes pour atteindre les objectifs régionaux en matière d’emploi.

Dans cette optique, UCM se félicite de la volonté exprimée par le ministre de l’Emploi de collaborer à la réflexion visant à dessiner les contours du futur dispositif. Cette méthode, fondée sur le dialogue et la concertation avec les partenaires socioéconomiques, est essentielle pour garantir un système opérationnel, accessible et réellement mobilisable par les entreprises.

La priorité d’UCM est claire : le futur dispositif devra être pensé pour les PME, et tout particulièrement pour les micro-entreprises, qui représentent la majorité du tissu économique bruxellois et dont la capacité d’embauche dépend fortement de la lisibilité et de la simplicité des mécanismes de soutien. La réussite de la réforme passera également par une transition sécurisée, via un phasing out maîtrisé, évitant toute rupture pour les employeurs qui se sont engagés sur base des dispositifs actuels.

Dans un contexte où l’objectif de 70 % de taux d’emploi à l’horizon 2029 reste un cap ambitieux, UCM entend jouer pleinement son rôle : apporter l’expertise du terrain, relayer les réalités vécues par les entreprises et contribuer à la construction d’une politique de l’emploi à la fois responsable sur le plan budgétaire et efficace sur le plan économique et social.

Julie Lambotte

Julie Lambotte

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

Share via
Copy link
Powered by Social Snap