21 juillet : remettre la croissance au cœur des décisions

Les PME ont un message pour les gouvernements

Des discussions budgétaires importantes voire historiques sont en vue. Les PME veulent adresser un message aux gouvernements. Financement, simplification administrative, lutte contre la fraude et stabilité réglementaire constituent les fondations d’une économie plus forte et plus compétitive.

Les PME, moteur de la croissance belge : quatre balises pour les gouvernements

À quelques semaines d’arbitrages budgétaires décisifs, le débat public se concentre déjà sur les économies à réaliser et les recettes à trouver. C’est légitime. Les finances publiques sont sous tension et personne ne peut l’ignorer.

Mais une autre question mérite d’être posée : où la Belgique trouvera-t-elle sa croissance demain ?

Une partie de la réponse est évidente : elle se trouve dans les PME.

Elles représentent l’essentiel du tissu entrepreneurial belge, de l’emploi privé et de l’activité économique. Surtout, elles alimentent le premier moteur de la croissance : la demande intérieure. Ce sont elles qui investissent, recrutent, achètent, forment et font vivre les territoires.

Dès lors, soutenir les PME n’est pas une faveur accordée à une catégorie d’acteurs économiques. C’est une nécessité pour l’ensemble du pays. Si les PME investissent moins, l’activité ralentit. Si elles recrutent moins, la consommation recule. Si elles renoncent à certains projets, c’est la croissance qui s’affaiblit. C’est à cette aune que devraient être examinés les prochains choix budgétaires.

La première priorité : l’investissement

Les entreprises doivent aujourd’hui financer leur transition numérique, leur cybersécurité, la modernisation de leurs équipements ou encore leur transition énergétique. Ces investissements sont indispensables. Ils conditionnent leur compétitivité future.

L’enjeu n’est pas de multiplier les aides publiques. L’enjeu est de préserver un environnement favorable à l’investissement. Cela passe notamment par une fiscalité maîtrisée. Rappelons que 80 % des membres UCM redoutent une augmentation de la pression fiscale. Cela passe aussi par des coûts énergétiques qui restent soutenables.

Nous avons eu l’occasion de rappeler ces éléments lors de l’interview de notre président Pierre-Frédéric Nyst

Deuxième priorité : la simplification administrative

Tous les gouvernements promettent de simplifier la vie des entreprises. Dans les faits, formulaires, obligations et procédures continuent de s’accumuler. Pour une PME, chaque démarche supplémentaire représente du temps, du coût et de l’énergie en moins pour les clients, l’innovation ou le développement commercial.

Avant de créer une nouvelle obligation, les autorités devraient systématiquement se demander laquelle elles peuvent supprimer.

Egalité des armes

La troisième priorité est la lutte contre la fraude. Les entrepreneurs acceptent les règles. Ils refusent la concurrence déloyale de ceux qui les contournent. Fraude sociale, fraude fiscale ou travail illégal pénalisent directement les entreprises qui jouent le jeu. Mais l’efficacité ne se mesure pas au nombre de contrôles réalisés chez les acteurs de bonne foi.

La grande fraude organisée est plus complexe à combattre qu’une erreur administrative commise par un petit entrepreneur. C’est pourtant là que se trouvent les gains les plus importants pour les finances publiques et pour une concurrence loyale.

Un cadre clair, svp

Enfin, les PME ont besoin de stabilité réglementaire. Les entreprises savent s’adapter. Ce qu’elles supportent de moins en moins, c’est l’instabilité permanente. Nouvelles règles, nouvelles procédures, nouveaux calendriers : cette accumulation crée de l’incertitude et freine l’investissement.

Or, investir suppose de pouvoir prévoir.

À l’heure des arbitrages budgétaires, le véritable choix n’est pas entre rigueur et soutien aux entreprises. Il est entre une politique qui nourrit la croissance et une politique qui finit par l’étouffer. Le message des PME est donc simple : avant de chercher de nouvelles recettes, créons davantage de croissance. Avant d’ajouter de nouvelles contraintes, supprimons celles qui existent déjà.

Financement, simplification administrative, lutte contre la fraude et stabilité réglementaire : ces quatre priorités ne servent pas uniquement les PME. Elles servent l’économie belge tout entière. Parce que lorsque les PME avancent, la Belgique avance avec elles.

Matthieu DEWEVRE

Matthieu DEWEVRE

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