Allocations familiales : les mesures ne peuvent pas être que budgétaires

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Les contraintes budgétaires régionales imposent une réflexion sur l’avenir de nos politiques publiques. Alors que la Flandre vient d’arrêter une réforme très dure de son Groeipakket, la Wallonie et Bruxelles étudient les trajectoires nécessaires pour garantir la soutenabilité de leurs finances. Pour UCM, cette recherche d’équilibre ne doit pas se résumer à un exercice de comptabilité sèche. C’est l’opportunité de faire évoluer un système déjà très performant, afin de le pérenniser, avec un œil sur l’impact en faveur des indépendants, des salariés et, partant, aussi des dirigeants des PME.

Rationalisation et équilibre : les pistes à l’étude

Pour optimiser les enveloppes budgétaires, des pistes d’économies sont évoquées sur l’ensemble des politiques. En matière de prestations familiales, les pistes les plus fréquemment évoquées par les décideurs et les observateurs portent sur deux axes principaux :

  • La modulation des indexations futures, en ciblant jusqu’ici prioritairement le montant de base mensuel,
  • Un ciblage plus précis de certaines interventions, telles que les primes de rentrée scolaire,
  • Depuis cette semaine, les mesures décidées en Flandre, décriées par beaucoup, entrent aussi dans le catalogue des économies possibles : limitation de la prime de naissance au seul premier enfant et limitation de l’âge du bénéfice ramené de 25 ans à 23 ans.

UCM aborde ces discussions avec pragmatisme. Notre position reste stricte : les ajustements doivent être rigoureusement encadrés afin de préserver le pouvoir d’achat des ménages actifs et de sanctuariser les familles les plus fragiles. La responsabilité budgétaire prend tout son sens lorsqu’elle protège le modèle social et soutient la parentalité active.

Réallouer pour renforcer le soutien aux parents

Plutôt que d’affaiblir les acquis, UCM plaide pour qu’une partie des efforts budgétaires consentis soit en partie réaffectée au renforcement du système sur des aspects essentiels de la vie quotidienne. La politique familiale ne se limite pas aux allocations directes, même si des enquêtes récurrentes démontrent que les allocations familiales servent dans la très grande majorité des familles à couvrir les besoins du quotidien. Cette politique gagne en efficacité lorsque l’environnement de l’enfant et les services aux parents se modernisent et sont portés à la hauteur des besoins. Et soulager et soutenir les parents, c’est aussi un facteur de dynamisation du marché du travail.

Nous proposons de concentrer ces moyens réalloués sur trois priorités de terrain :

  • Le soutien au développement de l’accueil de la petite enfance

L’accessibilité et la création de places de crèches supplémentaires sont indispensables pour permettre aux parents de concilier sereinement leur vie professionnelle et familiale. Des initiatives récentes comme WalCrèches montrent le chemin. Toute initiative innovante doit être soutenue !

  • Des actions structurantes en santé publique 

Cela peut être tès concret comme investir dans des politiques de meilleure nutrition, notamment via des repas scolaires sains et de qualité.

  • Camille, Parentia, Famiwal et Famiris valorisées en guichets de 1e ligne

Les Caisses d’Allocations Familiales disposent d’un savoir-faire unique et de données précieuses. UCM appelle à valoriser ces compétences pour faire des « CAFs » de véritables structures d’accompagnement et de soutien administratif de première ligne, simplifiant radicalement les démarches des parents. Cela, dans toutes les matières connexes que sont l’accueil, les bourses, les réductions, le handicap d’un enfant, puis les incidents de vie (divorce, pension alimentaire, décès,…).

Un pacte de confiance avec tous les parents

Nous demandons que, si des économies sont faites dans le secteur des allocations familiales justifiées par le renforcement de la soutenabilité du système, ce ne soit pas seulement un alignement de limitation des prestations. Que ce soit au contraire un pacte de confiance avec les parents, et surtout un pacte de confiance avec les parents qui travaillent !

Qu’ils·elles gèrent leur propre activité, leur propre entreprise, qu’ils·elles dirigent une PME ou y soient salariés, tous les travailleurs parents partagent une même réalité : mener de front une carrière et l’éducation de leurs enfants. 

En soutenant une évolution maîtrisée vers la durabilité financière tout en réinvestissant dans ces services concrets, UCM demande aux décideurs politiques de tracer la voie d’un modèle de politique familiale wallonne et bruxelloise plus robuste et tout aussi soutenant, voire plus !

L'auteur.e de cet article

Renaud FRANCART
La sécurité sociale des travailleurs indépendants reste un levier important pour développer l'entreprenariat. J'écris ici, avec le Service d'Etudes, pour défendre les intérêts des indépendants en matière de pensions, de droit passerelle, d'assurance maladie-invalidité,... N'hésitez pas à réagir et à commenter.
Renaud FRANCART

Renaud FRANCART

La sécurité sociale des travailleurs indépendants reste un levier important pour développer l'entreprenariat. J'écris ici, avec le Service d'Etudes, pour défendre les intérêts des indépendants en matière de pensions, de droit passerelle, d'assurance maladie-invalidité,... N'hésitez pas à réagir et à commenter.

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