Lors du Parlement UCM, Patrick Bisciari (BNB), Baudouin Regout (Bureau fédéral du Plan) et les fédérations membres d’UCM ont dressé un constat sans détour : la Belgique doit assainir ses finances. Pour UCM, l’effort doit protéger l’investissement, l’embauche et le statut des indépendants, tout en privilégiant la simplification, la lutte contre la fraude et une contribution équitable et effective des multinationales.
Un dérapage budgétaire qui ne peut plus être ignoré
La Belgique se trouve désormais parmi les pires élèves de la classe budgétaire européenne : le déficit public dépasse 5 % du PIB et la dette 100 %. Hors charges d’intérêt, le solde primaire atteindrait environ -3 % du PIB en 2025 (soit à peu près 17 milliards d’€), un niveau inédit depuis le début des années 1980, hors crise sanitaire. Sans mesures nouvelles, le Bureau fédéral du Plan prévoit un déficit de 6,4 % et une dette de 122 % du PIB en 2031. Vieillissement de la population, investissements dans la défense et remontée des taux alourdissent durablement la facture. Les réformes favorables à la croissance sont indispensables, mais leurs « effets retour » ne suffiront pas à remplacer des choix budgétaires directs.
Simplifier plutôt que ponctionner
Face à des marges financières réduites, le président d’UCM, Pierre-Frédéric Nyst, a formulé une demande simple : « Si vous n’avez plus de sous à nous donner, simplifiez-nous la vie. » La simplification administrative constitue un levier immédiat, peu coûteux pour l’État et directement utile aux entrepreneurs. Moins de formalités, de doublons et de délais, c’est davantage de temps consacré aux clients, à l’innovation et à l’emploi.

Les lignes rouges d’UCM
L’assainissement est inévitable, mais les TPE, PME et indépendants ne peuvent devenir la réserve budgétaire de l’État. UCM fixe quatre priorités. D’abord, préserver l’outil de travail : maintien du taux réduit à l’impôt des sociétés, protection du capital entrepreneurial et refus de nouvelles surtaxes locales ciblant les entreprises. Ensuite, soutenir l’embauche et la flexibilité, notamment par le maintien du « zéro cotisation » pour le premier engagement et une annualisation du temps de travail adaptée aux fluctuations d’activité.
Troisième exigence : protéger le statut des indépendants, en refusant le déplafonnement de leurs cotisations sociales et la stigmatisation des sociétés de management unipersonnelles. Enfin, l’effort doit porter sur la fraude sociale, fiscale et économique, qui constitue une concurrence déloyale, ainsi que sur une contribution équitable et effective des multinationales opérant en Belgique.
Mobiliser l’épargne vers l’économie réelle
UCM propose aussi d’orienter davantage l’épargne des ménages vers le capital des PME locales grâce à des incitants attractifs. Dans un pays où l’épargne privée est abondante mais l’État surendetté, ce levier peut soutenir l’investissement, la croissance et l’ancrage des activités sans creuser le déficit. La ligne de fond reste claire : il n’y aura pas de finances publiques solides sans entreprises solides.
UCM dans la négociation budgétaire
Au contact des cabinets fédéraux, UCM porte son message au cœur du conclave en cours. Nous savons qu’il faudra faire des sacrifices. Les PME en ont déjà fait. Mais nous savons que la solution se trouvera dans un subtil équilibre entre augmentation de l’activité (davantage d’entreprises pour assumer la charge), diminution de certaines charges et abandon de certaines niches (répartition équitable de la charge) qui bénéficient diversement aux entreprises grandes et petites.
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