Métiers en pénurie : l’heure est aux solutions

Pénurie d'emplois : l'heure est aux solutions

“PME cherche collaborateur”, désespérément ? Cela peut paraître surprenant quand on sait qu’il y a 290.000 demandeurs d’emploi francophones. Si le problème de “mistmach” est complexe, des solutions existent !

Aujourd’hui, il y a un peu plus de 140.000 postes vacants sur l’ensemble du territoire belge qui se heurtent aux 480.000 demandeurs d’emploi. La majorité se situe en Wallonie (200.000) et à Bruxelles (90.000). Cela représente le taux d’emplois vacants le plus haut de la zone euro, à 3,6 %, alors que la moyenne de la zone euro s’est établie à 1,9 % !

Comment un tel « mismatch » est-il possible ?

Il y a plusieurs facteurs explicatifs. Tentons d’être exhaustif et citons :

  • Une inadéquation entre le besoin élevé de compétences dans les entreprises (diplôme et expérience) et le faible niveau de formation des demandeurs d’emploi.
  • Un manque d’attrait de certains métiers au vu des conditions de travail inhérentes à la fonction (ex : travail de nuit ou les weekend, travail sur chantier en extérieur).
  • Des difficultés d’information, d’accompagnement ou d’adressage du Forem, d’Actiris et de l’enseignement.
  • Une segmentation des bassins et du marché de l’emploi accentuée par les frontières linguistiques.
  • Un seuil d’embauche élevé (droit du travail protecteur; coût du travail important; nombreuses formalités administratives) conduisant à une sélection rigoureuse des candidats.
  • Des pièges à l’emploi liés aux montants des allocations sociales.
  • Des problèmes de mobilité entre les lieux de travail et les concentrations d’habitations (centres urbains, zoning), le coût élevé du déplacement, la saturation de certains axes routiers et l’offre de transport public perfectible.
  • Des facteurs croisés conduisant à l’écartement de certains groupes du marché de l’emploi (personnes âgées et problématique des coûts importants liés aux barèmes et aux risques d’outplacement/de RCC, discriminations liées notamment aux demandes de clients).
  • L’évolution sociologique du désintéressement du travail en tant que valeur centrale, devenant pour toute une frange de la population un simple moyen de subsistance.

À chaque problème, ses solutions !

Parmi les causes principales du mismatching et du manque de bras dans certains métiers, il y a bien évidemment le problème de la formation des demandeurs d’emploi, et des jeunes en particulier.

Aujourd’hui, l’inadéquation entre compétences demandées et disponibles sur le marché du travail est particulièrement visible. Les chefs de PME constatent trop souvent de graves lacunes dans les connaissances nécessaires à l’exercice du métier, voire à son apprentissage ! C’est vrai pour nombre de compétences techniques (informatique, construction, mécanique, soins infirmiers, …) mais aussi en matière de motivation, d’attitude au travail ou encore en ce qui concerne les langues.

Or, des solutions, il y en a ! Elles sont connues, mais tardent à être mises en œuvre.

Dans l’enseignement, il est indispensable de pousser plus de jeunes vers l’apprentissage des langues germaniques et des filières STEM (science, technology, engineering, mathematics), d’enseigner les connaissances numériques de base en programmation et de conscientiser les étudiants sur les nombreux métiers porteurs.

Former de futurs citoyens, c’est bien. Former de futurs citoyens qui trouveront du boulot, c’est mieux.

Du côté de la formation des demandeurs d’emploi, moins de 5 % des 200.000 demandeurs d’emploi wallons se sont formés dans un métier en demande main d’œuvre l’année dernière. C’est évidemment trop peu. Les formations du Forem et de Bruxelles Formation ne peuvent pas être occupationnelles quand des milliers de chefs d’entreprise cherchent des collaborateurs formés. Il s’agit là d’un habile dosage entre information, incitation et contrôle du demandeur d’emploi qui doit être mis en œuvre.

About David PISCICELLI

Conseiller au service d'études et spécialisé dans les matières sociales (emploi, formation et droit du travail), je défends les intérêts des entrepreneurs et PME dans ces domaines.

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