Accord salarial: un pas dans le bon sens

Tard dans la nuit du 5 au 6 mai, le gouvernement a trouvé un compromis sur les salaires. C’est une opportunité de reprendre la négociation au niveau du Groupe des Dix (concertation sociale).

Le gouvernement au secours de la concertation sociale

Le compromis dégagé ressemble fortement à ce que le banc patronal a déposé sur la table il y a plusieurs semaines. Mais les regrettables initiatives des syndicats (notamment la grève du 29 mars dernier) n’ont jusqu’ici pas permis la conclusion d’un accord au sein du Groupe des Dix.

Cela dit nous sommes prêts à aller de l’avant. Nous pensons que ce qui est proposé est de nature à susciter une discussion constructive entre patronat et syndicats, si ces derniers acceptent de prendre leurs responsabilités.

La loi de 1996 respectée

L’accord se compose de trois parties dont la première est la norme salariale (0,4 % auxquels il faut ajouter 2,8 % d’indexation).

Les syndicats contestent ce point depuis plusieurs mois. Leur idée fixe est qu’il faut rendre cette norme indicative. Et tant pis si nos coûts salariaux explosent et que ça finit par détruire des emplois…

Le compromis du gouvernement, en posant la norme de 0,4 % pour 2021-2022, maintient cette règle protectrice de notre compétitivité. C’est un élément positif pour les entreprises dont beaucoup sont dans l’incertitude quant à leur avenir.

Une prime exceptionnelle

Cette crise frappe durement les entreprises. Mais pas toutes de la même manière. Il est donc judicieux de penser à des possibilités de dépasser la norme salariale. Personne ne le conteste.

Ce que veut le banc patronal, c’est un ciblage par entreprise. Trier par secteur (comme le demande les syndicats) n’est pas acceptable car les réalités des entreprises au sein d’un même secteur sont très diverses.

Le compromis dégagé va dans ce sens. Il permet aux entreprises qui ont connu de bons résultats d’octroyer une prime.

En réalité, le gouvernement transforme le “chèque consommation” en “prime CORONA”, en porte le montant à maximum 500 € et élargit le spectre des commerces dans lesquels ils pourront être dépensés. Une ombre au tableau: une cotisation patronale de 16,5 % sera prélevée.

Il faudra encore s’entendre sur l’étendue de la notion de “bons résultats”. De nombreuses PME sont en effet bien trop fragile à ce stade pour se permettre une telle dépense. Mais une chose est sûre, seuls les partenaires sociaux ont la connaissance suffisante du terrain pour s’entendre sur ce point. Si les syndicats reviennent négocier…

Ouvrir des discussions

Dernier point de compromis gouvernemental, il est proposé aux partenaires sociaux de discuter de quatre dossiers importants:

  • salaire minimum,
  • pension complémentaires,
  • heures supplémentaires et
  • fins de carrières.

Pas d’engagement particulier dans ces dossiers mais une offre d’assistance du gouvernement pour mettre en œuvre les fruits de la concertation sociale.

On ne peut que se réjouir que le Groupe des Dix puisse pleinement jouer son rôle, notamment en matière de salaire minimum. Ce dossier, très important pour les PME, doit rester entre les mains des partenaires sociaux.

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