Formation et PME : pratiques diverses et enjeux communs

UCM a interrogé les PME sur la formation de leurs salariés. Les résultats tordent le cou à quelques idées reçues et montrent la nécessité d’une aide financière par les pouvoirs publics.

Digitalisation, évolution constante des méthodes de production… la formation continue des travailleurs est sur toutes les lèvres. Durant le 2e trimestre 2021, UCM a interrogé les PME sur la formation continue des travailleurs dans l’entreprise. Besoins, enjeux, freins, pratiques sont évoqués. Analyse.

Une formation silencieuse, interne et informelle

Premier constat : la majorité des employeurs estime nécessaire que leurs travailleurs suivent régulièrement des formations. Il est donc faux de dire que les (chefs de) PME se désintéressent de la formation des salariés, même en temps de crise.

Cela dit, la façon dont la formation est dispensée peut différer d’une entreprise à l’autre.

Sans surprise, c’est la formation informelle dite « sur le tas, en travaillant » qui caracole dans les réponses puisqu’elle concerne près de 9 PME sur 10 ! Vient ensuite la formation qui se donne le plus souvent par un autre travailleur ou par le patron lui-même, dans huit PME sur dix.

Deuxième constat : les formations formelles comme les séminaires, cours et ateliers ne sont pratiquées à l’occasion que dans 4 PME sur 10. Les formations en lignes et webinaires ne concernent que 3 PME sur 10, même en période où le distanciel est Roi.

Les formations se donnent donc logiquement en grande partie durant les heures de travail.

Dans une PME, on forme parce que c’est utile, et pas parce que c’est obligatoire

Troisième constat : si vous demandez aux petites entreprises pourquoi elles forment leurs travailleurs, elles vous répondront dans 8 cas sur 10 que c’est simplement nécessaire ou utile au bon fonctionnement de l’entreprise, ou encore que cela permet d’augmenter la productivité. 7 PME sur 10 forment également parce qu’il y a un véritable besoin de nouvelles compétences.

De l’autre côté du tableau, le caractère obligatoire de certaines formations n’est pointé que par 3 PME sur 10 comme un des motifs de la formation.

L’aide publique : un enjeu de taille pour les petites structures

Si la formation est importante, elle n’est malheureusement pas forcément accessible. Et l’existence, dans certains secteurs, de fonds de formation (financés par les employeurs) proposant des sessions gratuites n’est pas la panacée.

En effet, la moitié des « petits » employeurs estime ne pas avoir les moyens suffisants pour compenser le coût de l’absence d’un travailleur parti en formation… Elle estime également que le coût des formations reste trop élevé, tout en déclarant que ses travailleurs ont pourtant besoin de suivre des formations !

Voilà qui souligne une fois de plus que la formation est une responsabilité partagée entre employeurs, salariés ET pouvoirs publics… Elle met l’accent sur l’importance de l’aide financière des partenaires dans la formation continue des travailleurs.

A bon entendeur...

About David PISCICELLI

Conseiller au service d'études et spécialisé dans les matières sociales (emploi, formation et droit du travail), je défends les intérêts des entrepreneurs et PME dans ces domaines.

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