Comment baisser durablement la taxation sur le travail ?

Le travail demeure trop taxé en Belgique. L’UCM se demande comment mieux récompenser le travail.

En 2015, le gouvernement fédéral lançait son tax shift, ou glissement de la taxation sur le travail vers d’autres bases de taxation (taxation environnementale, taxation du capital,…). À cette époque, la Belgique détenait le triste record en termes de pression fiscale au sein de l’union européenne (UE).

Cette réforme avait pour double objectif d’augmenter le pouvoir d’achat en priorité des bas salaires et d’augmenter la compétitivité des entreprises notamment par la baisse des cotisations sociales.

Cette réforme est incontestablement un premier pas dans le bon sens mais avec un goût d’inachevé

Sur le volet réduction de cotisations sociales, l’UCM a récemment donné son avis sur la borne bas salaire à indexer.

Sur le volet pouvoir d’achat, la taxation sur le travail en Belgique demeure pointée comme l’une des plus élevées de l’UE.  Avec 44,3 milliards d’euros de recettes,  l’IPP est de loin devant les recettes TVA (30,1 milliards  d’euros)  et de l’impôt des sociétés (16,8 milliards d’euros).

À l’IPP, le contribuable est taxé trop vite au taux le plus élevé

Ce sentiment d’être trop taxé, travailleurs salariés et indépendants le partagent. Les chiffres semblent leur donner raison.

Selon l’Organisation de coopération au développement économique (OCDE), le travail demeure, malgré les réformes déjà entreprises, l’un des plus taxés. La plus grande différence existant entre le salaire brut et le salaire net est celle que connaît le travailleur belge isolé et sans enfant.  S’il gagne un salaire moyen, il ne paie pas moins de 40,5 % en précompte professionnel et en cotisations personnelles à la sécurité sociale. À titre de comparaison, la pression fiscale moyenne des pays de l’OCDE est de 25,5 %.

Selon Eurostat, après le bronze lors du précédent tax shift, notre pays obtient l’argent !

Seule la France, au sein de l’Union européenne, taxe davantage en prenant en considération la somme des impôts et des cotisations sociales, rapportées au produit intérieur brut.

Pour y remédier, le ministre des Finances, Johan Van Overveldt (N-VA), a lancé en janvier dernier le chantier d’une nouvelle réforme de l’impôt des personnes physiques (IPP). Le ministre a donné un an au Conseil supérieur des finances pour plancher sur la question.

Réforme de l’IPP : propositions sur la table

Le ministre des Finances a d’ores et déjà avancé quelques pistes :

  • Hausse de la quotité exemptée d’impôt.
  • Élargissement des tranches d’imposition les plus basses.
  • Refonte des niches fiscales.

Position des autres partis du gouvernement fédéral

  • Le CD&V propose un « dual income tax » ou le maintien de l’imposition des revenus du travail aux taux progressifs et la taxation forfaitaire en parallèle de l’immobilier et du capital.
  • L’Open VLD, de son côté, défend une « flat tax » ou taxation forfaitaire à 30 % et l’abandon de la progressivité.

L’UCM a déjà réfléchi à toute une série de pistes comme :

  • la baisse du précompte mobilier (30 %) au niveau de la moyenne européenne ;
  • l’application au chef d’entreprise des réductions d’impôts octroyées au particuliers qui investissent dans des start-ups ou entreprises en croissance ;
  • Prise en compte du facteur risque dans le calcul de l’impôt ;

L’objectif annoncé est de creuser davantage le différentiel entre les revenus du travail et les allocations sociales. Il n’est plus acceptable de gagner moins en travaillant qu’en restant à la maison.

Pour l’UCM, le travail doit être davantage récompensé.

Oui à ce nouveau glissement fiscal mais…

L’UCM souhaite que son financement se fasse en priorité sur des réductions et rationalisations des dépenses publiques. Nous songeons à la hausse de la taxation sur les boissons sucrées, sur les vins et spiritueux, qui a eu pour effet de déplacer les achats vers les pays limitrophes (tax shift 2016).

Cette nouvelle réforme de l’IPP sera, à n’en pas douter, sur la table du prochain gouvernement issu des élections de mai 2019.  Afin de définir nos propositions, nous en discuterons ce 4 décembre de 12 à 14 heures, avec comme invités:

  • Bruno Colmant ( professeur à la Solvay Business School – UCL – Vlerick et membre de l’Académie royale d’économie ) et
  • Ivan Van de Groot (Itinera – professeur à l’universiteit van Antwerpen).

Le compte-rendu de cette réunion, avec des entrepreneurs, sera à lire sur ce blog. #StayTuned

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