La hausse du pouvoir d’achat au cœur de nos revendications

Ce sentiment d’être trop taxé, travailleurs salariés et indépendants le partagent. Pour l’UCM, le travail doit être davantage récompensé et donc moins taxé. Notre atelier sur le sujet, avec entrepreneurs et experts, nous a permis d’élaborer une série de propositions à destination des politiques.

Les mesures fédérales de baisse de la taxation sur les revenus du travail ( tax shift de 2015) ont permis d’améliorer le salaire net des travailleurs et des indépendants dans des proportions variables selon le niveau de rémunération. Ces mesures vont dans le bon sens mais  étaient-elles pour autant suffisantes?

La taxation sur le travail en Belgique reste l’une des plus élevées de l’Union européenne. Ce qui nuit gravement à nos entreprises en termes de concurrence vis-à-vis des pays voisins. En effet, avec 44,3 milliards d’euros de recettes, l’IPP est de loin devant les recettes TVA (30,1 milliards d’euros) et de l’impôt des sociétés (16,8 milliards d’euros).

Selon Eurostat, la Belgique obtient même en 2018 la médaille d’argent du pays taxant le plus le travail, derrière la France.

Convaincu que le travail doit être davantage récompensé, donc moins taxé, l’UCM a organisé le 4 décembre dernier, une réflexion sur le sujet en présence d’une trentaine d’entrepreneurs et de deux orateurs de renom (Bruno Colman et Ivan Van de Cloot, tous deux économistes et professeurs d’université).

Hasard des calendriers, le sujet du débat était au coeur de l’actualité avec, d’un côté, les actions des « gilets jaunes » et de l’autre, la sortie dans la presse de nombreuses études aux résultats divergents et contrastés.

Un mémorandum UCM nourri par les débats

Voici en primeur les points d’attention qui se sont dégagés ce 4 décembre 2018 :

  • Baisse des taux d’imposition et élargissement de la base imposable liée à une analyse systématique des niches fiscales existantes. Certaines niches fiscales n’ont, soit plus de raison d’être, soit n’atteignent pas leurs objectifs.
  • Les mesures qui seront prises doivent être évaluées en fonction de leur efficience économique (coût réel de la fiscalité) et de leur stimulation à l’esprit d’entreprendre.
  • Chiffrer les mesures envisagées afin d’éviter les mesures compensatoires contre-productives.
  • Eviter de créer de nouveaux pièges à l’emploi.
  • En fiscalité, un euro n’est pas égal à un euro selon la base imposable taxée. Il est illusoire de croire qu’en taxant davantage, on atteindra nécessairement davantage d’équité.
  • Etre attentif à l’impact de chaque mesure sur les changements induits dans le comportement du contribuable.
  • Afin de prendre les bonnes orientations, objectiver le niveau actuel d’imposition des différentes bases imposables. Cette objectivation est également requise dans les comparaisons faites avec les politiques fiscales menées par d’autres États. Contrairement à des idées reçues, la Belgique est déjà n°1 en matière de redistribution.
  • Etre attentif à l’utilisation faite des recettes fiscales par les autorités publiques. Ce critère influence la perception de bien-être des contribuables. Le Danemark applique un haut niveau de pression fiscale mais obtient le meilleur niveau de sentiment de bien-être de ses contribuables.
  • Intégrer le facteur « risque » dans le calcul de l’impôt dû. Il est inacceptable qu’un chef d’entreprise qui engage ses fonds propres dans son activité et crée de l’emploi soit davantage imposé que le rentier dont le portefeuille d’investissement est par définition diversifié et donc moins risqué. Plus on prend de risques, moins on doit être taxé.
  • Revoir la progressivité de l’impôt. Selon le rapport 2018 de l’OCDE sur la pression fiscale, la progressivité de l’impôt demeure trop rapide en Belgique. On atteint encore trop vite la tranche de 50 % fixée à une rémunération de 38.830 euros contre 153.783 euros en France pour la dernière tranche de 45 %.
  • Essayer de gommer dans les faits la complexité que la régionalisation de certaines composantes de l’IPP a générée.

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