Coûts salariaux : il y a encore du chemin

La Belgique figure encore sur le podium des pays aux coûts salariaux les plus élevés. Un élément à prendre en compte dans le débat sur le salaire minimum.

La législature qui s’achève a été celle du tax shift. UCM y a vu un indispensable mouvement de diminution des charges sur le travail (salarié et indépendant). Nous avons en particulier salué la suppression des cotisations patronales sur le premier engagement. Un vrai coup de pouce pour franchir cette étape importante : devenir employeur.

Un coup de pouce nécessaire mais pas encore suffisant. Dans les derniers classements européens des pays connaissant les plus hauts coûts salariaux, la Belgique est passée de la deuxième à la … troisième place (derrière le Danemark et le Luxembourg). En d’autres mots, nos coûts salariaux restent très élevés.

Un problème bien connu par les PME : elles classent les coûts salariaux en deuxième position des freins les plus importants à la croissance des entreprises.

Prolonger la mesure « zéro cotisation »

Dans son mémorandum, UCM a clairement identifié les pistes permettant de diminuer les coûts salariaux pour les entrepreneurs. En voici trois :

  1. Prolonger la mesure « zéro cotisation » sur le premier engagement. Mesure qui est supposée disparaître en 2020.
  2. Permettre aux employeurs concernés de continuer à bénéficier d’une réduction renforcée de leurs cotisations patronales (indexation de la borne bas salaire).
  3. Travailler la fiscalité. Il faut avant tout revoir la progressivité de l’impôt. Comprendre que l’agencement actuel des tranches d’imposition fait qu’en Belgique on paie trop vite trop d’impôts.

Et le pouvoir d’achat ?

Diminuer les coûts salariaux est-il de facto synonyme de bloquer l’évolution du pouvoir d’achat ? Non, évidemment ! Il ne faut pas tout mélanger. Par contre, nous sommes contre le principe qu’une évolution du pouvoir d’achat soit synonyme d’une évolution encore plus importante du coût salarial. Car c’est prendre le risque, singulièrement dans les PME, d’être un frein à l’embauche… Voir d’être le moteur de suppression de postes.

Ce qui est à revoir du tout au tout, c’est la mécanique entre le coût salarial et le salaire poche du travailleur.

Lorsque la FGTB manifeste et demande de porter le salaire horaire minimum à 14 € brut de l’heure, ce qui coince pour les entrepreneurs francophones, c’est de trouver les 18.000 € annuels supplémentaires pour offrir ces 14 € de l’heure à leurs travailleurs.

En savoir plus

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

This site uses Akismet to reduce spam. Learn how your comment data is processed.