Pensions : Il faut garder une vision positive du travail

Pensions : Garder une vision positive du travailLes enjeux de la réforme des pensions sont de taille. Il faut garantir le paiement des pensions à moyen et long terme. Aujourd’hui pourtant, c’est le dossier de la pénibilité qui focalise toutes les attentions. À juste titre ?

Aujourd’hui, les entrepreneurs doutent de la capacité de l’État d’encore pouvoir payer les pensions à l’avenir.  Dans notre dernière enquête sur le statut social, 61,3 % des travailleurs indépendants indiquent que c’est une préoccupation majeure, juste derrière la question du montant de leur pension (82 %).  Sur cette dernière problématique du montant des pensions, des harmonisations sont nécessaires, qui doivent nécessairement profiter aux travailleurs indépendants.  En effet, une pension mensuelle d’indépendant au taux isolé varie, pour une carrière complète, entre 1.225 € et quelque 1.500 €, selon les cotisations payées.  C’est bien moins que dans les autres régimes.

La pérennité de nos régimes de pension et l’objectif de continuer à payer des montants décents de pension sont l’enjeu des réformes à mener.

Or, aujourd’hui, les régimes de pensions sont financés pour deux tiers par les cotisations sociales payées tantôt par les travailleurs indépendants (régime indépendants), tantôt par les travailleurs et leur employeur (régime général).

Sans travail, pas de cotisations. Sans cotisations, pas de pensions

Dès lors, tout indique que nous devons travailler tous un peu plus longtemps.  Le report de l’âge légal de la pension a expressément pour but d’augmenter les périodes de cotisation et de diminuer les périodes de bénéfice de la pension.  C’est une question de juste répartition de la dette entre les générations.  Nous devons aujourd’hui prendre notre part, et ne pas laisser cela seulement à nos enfants et petits-enfants.

Et pourtant, aujourd’hui, c’est le dossier de la reconnaissance de la pénibilité au travail qui occupe toute la place, dans les médias comme dans les travaux du gouvernement fédéral? Et des partenaires sociaux.

Est-ce le moment de discuter d’un régime général de reconnaissance de la pénibilité du travail ?

L’UCM participe à des travaux très difficiles au Conseil national du travail (régime de pensions des salariés) et au Comité de gestion du statut social des travailleurs indépendants (régime de pensions des indépendants), pour répondre à la demande gouvernementale d’un listage des fonctions pénibles.

L’UCM refuse de participer à nourrir cette conviction qui commence à se faire jour, qui voudrait que tout travail se définirait par ses caractéristiques de pénibilité.

Ce n’est pas positif. C’est contre-productif. D’autres auraient dit “mortifère”.  Casser la valeur “travail” à un moment où on en a tant besoin, c’est – certainement pour notre modèle de sécurité sociale et nos pensions – scier la branche sur laquelle on est tous assis.

Une vision positive du travail

À l’UCM, nous proposons des solutions alternatives, notamment une flexibilité accrue en fin de carrière mais dans un cadre responsabilisant, et une meilleure prise en compte des carrières longues qui touchent souvent des métiers manuels et plus lourds physiquement.

Nous continuons à participer à ces travaux aussi sur la pénibilité, avec l’intention que les mesures qui seraient prises pèsent le moins possible sur les indépendants et le PME qui veulent garder une vision positive de leur travail.

 

 

About Renaud FRANCART

La sécurité sociale des travailleurs indépendants reste un levier important pour développer l'entreprenariat. J'écris ici, avec le Service d'Etudes, pour défendre les intérêts des indépendants en matière de pensions, de droit passerelle, d'assurance maladie-invalidité,... N'hésitez pas à réagir et à commenter.

Leave a Reply

Your email address will not be published.

This site uses Akismet to reduce spam. Learn how your comment data is processed.