L’accord interprofessionnel est rejeté par la FGTB

L'accord interprofessionnel est rejeté par la FGTBAprès 24 heures de négociations et un mois de consultation, la FGTB, toujours insatisfaite du cadre légal préfère le trouble à la concertation.

Comme tous les deux ans, les organisations syndicales et patronales se sont réunies au sein du Groupe des 10 pour discuter de l’accord interprofessionnel. L’élément essentiel de ces accords est la manière dont les coûts salariaux pourront être maîtrisés dans les entreprises.

Il s’agit de négocier un point d’équilibre entre 0 et un maximum défini par le Conseil central de l’économie. Cette évolution s’ajoute à l’indexation automatique des salaires.

Le moins que l’on puisse dire, c’est que ce débat a été mouvementé. Depuis des mois, les syndicats se répandaient dans la presse, posant les exigences les plus extravagantes (1, 4 %, 1,6 %…). Puis le Conseil  central de l’économie a décidé que les salaires ne pourraient pas évoluer de plus de 0,8 % (en plus de l’indexation) sur la période 2019-2020. C’était imbuvable pour le banc syndical. Le banc patronal le comprenait et était prêt à faire des concessions. Le préavis de grève générale pour le 13 février fut la seule réponse…

Mi-février, de nouvelles prévisions d’inflation ont permis aux partenaires sociaux de demander au Conseil central de l’économie de réétudier la question. Finalement, le conseil central de l’économie a calculé une évolution maximale possible de 1,1 %.

Forts de ce résultat, les partenaires sociaux ont démarré la négociation, le 25 février au matin. Puis ça a duré. Et duré, et duré. Après environ 24 heures de négociation,  un projet d’accord était conclu. Un projet équilibré. Avec des concessions et des résultats pour les uns et les autres. Un projet qui avait le mérite d’exister :

  • on s’accordait sur l’évolution des salaire de 1, 1 % ;
  • on augmentait l’intervention patronale dans les frais de transport en commun;
  • on allait augmenter le quota maximal d’heures supplémentaires volontaires ;
  • on avait aussi un accord sur les RCC (ex-prépensions).

Les syndicats s’étaient engagés à présenter le projet à leurs bases. Rendez-vous était pris le 26 mars pour le résultats finaux des consultations…

Puis ce fut l’attente. De courte durée cette fois. Trois jours plus tard, certaines branches du banc syndical (FGTB wallonne en tête ) sont sorties dans la presse pour dire tout le mal qu’elles pensaient du projet d’accord. Ce mois d’attente s’est rapidement transformé en supplice chinois. Plus une semaine ne passait sans qu’un membre du banc syndical ne s’exprime négativement sur ce qui avait été si âprement négocié.

Le « suspense » a pris fin, comme annoncé, ce 26 mars au matin. Le projet d’accord est rejeté par la FGTB à 56 % des voix. La CSC a approuvé l’accord à 65 % des voix, la CGSLB également à 75 % des voix.

Et maintenant ?

D’après la loi, quand les partenaires sociaux ne s’accordent pas, c’est au gouvernement de reprendre la main. Sauf que le gouvernement est en « affaires courantes ». Il ne peut prendre de décision à « portée politique ». Or s’il y a une question dont la réponse à une portée politique, c’est bien celle de l’évolution des salaires.

Ceci étant, nous sommes en Belgique. Et il faut reconnaître que les gouvernements précédents ont eu une interprétation parfois très large de la notion d' »affaires courantes ». Ainsi la Belgique a-t-elle pu décider de frapper militairement la Lybie ou diriger l’Union Européenne en « affaires courantes ». Donc il n’est pas exclu que le gouvernement fixe lui même le cap. S’il ne prenait pas la décision, il devrait alors confier cette mission au Parlement qui devrait prendre une loi pour régler l’évolution des salaires.

Le pire des scénarios étant celui dans lequel personne ne fait rien et attend les élections. Parce que pendant ce temps, les secteurs restent en attente de pouvoir négocier. Et temps que rien n’est négocié au niveau des secteurs, les entreprises seront en difficulté pour répondre aux demandes de leurs travailleurs.

Pour l’UCM, le rejet de ce projet d’accord est donc une mauvaise nouvelle. Pas pour les dizaines d’heures que nous avons perdues à le négocier. Mais pour l’incertitude que ce rejet crée pour les entreprises.

Pour l’UCM, la concertation sociale est là pour parvenir à des accord au profit les indépendants et les chefs de PME francophones.

Le Groupe des 10 doit donc se réunir très rapidement pour trouver une solution avec le gouvernement et ne pas laisser la crise s’installer dans la durée. C’est d’abord une question de stabilité pour tous ceux qui entreprennent.

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