La réforme du chômage va pousser des milliers de demandeurs d’emploi vers les CPAS pour se réinsérer. Pour les entreprises en quête de main-d’œuvre, c’est l’occasion de redécouvrir un dispositif aussi avantageux que méconnu : l’article 61. À la clé, un engagement à coût réduit, un public déjà accompagné et un risque très encadré.
Un outil largement sous-utilisé
Les chiffres parlent d’eux-mêmes : début 2024, plus de 5.100 personnes étaient occupées via un contrat article 60, § 7 en Wallonie… contre à peine 95 via l’article 61 en entreprise privée. Un dispositif clairement sous-exploité, alors même qu’il a été nettement revalorisé depuis le 1er janvier 2025.
La différence entre les deux ? Avec l’article 60, § 7, c’est le CPAS qui est l’employeur et met le travailleur à disposition de votre entreprise. Avec l’article 61, c’est vous qui engagez directement le bénéficiaire — et le CPAS vous rétrocède une part importante de la subvention.
Concrètement, combien ça rapporte ?
Le CPAS perçoit une subvention forfaitaire qu’il vous rétrocède, selon votre secteur. Pour une entreprise du secteur marchand, cette rétrocession atteint entre 1.644 € et 1.918 € par mois (montants au 1er mars 2026). De quoi alléger nettement le coût d’un premier engagement. Pour une structure d’économie sociale, elle grimpe même à 100 %.
Le public visé : les bénéficiaires du revenu d’intégration sociale (ou aide équivalente), inscrits comme demandeurs d’emploi au Forem et n’ayant pas encore ouvert de droit complet aux allocations de chômage.

Un vrai contrat de travail, mais pas seul face au travailleur
Avec l’article 61, c’est vous l’employeur : contrat de travail classique, assurance loi, règlement de travail, médecine du travail… comme pour n’importe quelle embauche. Le régime ne peut être inférieur à un mi-temps.
Mais vous n’êtes pas seul : le CPAS pilote l’accompagnement social et professionnel du travailleur tout au long du contrat — bilan de compétences, projet professionnel, suivi de formation. De votre côté, il s’agit surtout de désigner un référent en interne et de libérer le travailleur environ une demi-journée par semaine pour son projet professionnel. Un peu de formalisme et de temps à investir, donc, mais un risque très encadré.
Bonne nouvelle : A partir du 01/07/26, l’article 61 sera cumulable ensuite, avec l’aide à l’embauche wallonne Job plus, le nouvel incitant unique à l’embauche attendu pour le 1er juillet 2026 (jusqu’à 1.200 €/mois pour les entreprises de moins de 20 ETP). Combiner les deux, c’est réduire encore davantage le coût d’un recrutement de profil éloigné de l’emploi.
L’article 61 en pratique
Vous envisagez un premier engagement, ou le recrutement d’un profil éloigné du marché du travail ? Prenez contact avec le CPAS de votre commune pour identifier la formule la plus avantageuse. Avec la réforme du chômage, ces dispositifs n’ont jamais été aussi pertinents !
L'auteur.e de cet article
- Conseiller au service d'études et spécialisé dans les matières sociales (emploi, formation et droit du travail), je défends les intérêts des entrepreneurs et PME dans ces domaines.
