Aide au recrutement « ZEUS » à Bruxelles : une idée foudroyante ?

La Wallonie va réformer son aide SESAMÀ partir du 15 mai, les entreprises présentes dans certains quartiers bruxellois pourront recevoir des aides financières au recrutement, à condition d’embaucher local. L’UCM demande une approche plus globale pour soutenir les PME de la région.

On le sait, la Région bruxelloise subit un paradoxe socio-économique : c’est une région entrepreneuriale dynamique et riche, mais qui concentre aussi par endroits des populations précarisées, faiblement qualifiées et présentant de facto un haut taux de chômage. À l’instar d’autres grandes villes belges.

A partir du 15 mai 2019, le Gouvernement bruxellois veut donc dynamiser certains quartiers d’Anderlecht, de Bruxelles, de Forest et de Molenbeek. Comment ? En incitant financièrement les entreprises à s’y implanter et à embaucher les habitants. On parle ainsi d’une zone ‘ZEUS’ pour zone d’économie urbaine stimulée.

Une avalanche de conditions

Une entreprise implantée dans une zone « ZEUS » peut demander une aide financièrement lorsqu’elle embauche un travailleur domicilié lui aussi dans une zone ZEUS (pas forcément la même). L’aide est de 3.000 € la 1ère année, et de 6.000 € pour la 2e. Et ce, pour maximum 3 embauches par an.

Il y a malheureusement une pléthore de conditions à respecter pour que l’entreprise puisse en bénéficier :

  • L’entreprise doit être implantée dans une zone ZEUS, depuis au moins un jour.
  • Le travailleur engagé doit être domicilié dans une zone ZEUS, depuis au moins 6 mois.
  • Le travailleur doit être engagé sous CDI ou CDD d’au moins 2 ans… et à temps-plein.
  • L’entreprise doit aussi s’engager à garder le travailleur en service pendant au moins 2 ans. Il s’agit donc d’une vérification a posteriori qui devra être prouvée au moyen de pièces justificatives avant de recevoir annuellement les tranches.

Attention : certains secteurs d’activités sont exclus. Citons notamment les garages, les pharmacies, certaines professions libérales ou certaines activités de transport.

Un dispositif régional doit être développé

Si l’on ne reviendra pas sur le principe de conditionnement à l’embauche locale et le succès limité attendu du dispositif (la complexité du mécanisme ouvrant la voie aux chasseurs de primes), la dynamique est intéressante. Et doit être amplifiée à l’échelon régional.

L’UCM demande la création d’un incitant financier pour soutenir l’embauche dans toutes les petites entreprises bruxelloises du secteur marchand.

Il faut le dire : une PME bruxelloise est moins soutenue qu’une PME wallonne lorsqu’elle embauche. L’Activa.Brussels impose des conditions strictes d’embauche, les aides à l’expansion économique – dont l’aide ZEUS – ont des conditions d’octroi extrêmement spécifiques et ne s’appliquent qu’à quelques cas, etc.

Les moyens hérités de la 6e réforme de l’État ont été partiellement transférés vers le secteur non-marchand, au détriment du secteur marchand. Un travailleur âgé coûte, par exemple, bien plus cher à Bruxelles depuis la régionalisation des aides à l’embauche. L’emploi marchand a pourtant davantage de possibilités d’insertion à long terme pour les chercheurs d’emploi, et doit redevenir davantage compétitif par rapport aux autres Régions.

À l’instar du dispositif SESAM en Région wallonne, l’UCM demande la mise en place d’une aide financière pour soutenir l’emploi dans les PME qui ont un siège d’exploitation en Région bruxelloise. Elle pourrait être majorée pour les microentreprises (moins de 10 travailleurs), versée chaque trimestre et conditionnée par exemple à l’engagement du chercheur d’emploi sous CDI.

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About David PISCICELLI

Conseiller au service d'études et spécialisé dans les matières sociales (emploi, formation et droit du travail), je défends les intérêts des entrepreneurs et PME dans ces domaines.

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